LASNAMIA

Le loup et le sloughi ont des affinités ( Le Quotidien d'Oran du 17/01/2017

 
Le loup et le sloughi ont des affinités
 

par Hamid Dahmani

 

 

Les responsables politiques du pays ont retrouvé de plus belle leurs voix qui s'étaient éteintes, après une longue absence de causeries. Subitement, ils font de la communication avec des déclarations fracassantes sur les scandales économiques à répétition que connaît la scène politique. Dans ces moments de mauvaise passe, les gouvernants ont guéri leur aphonie et les langues se délient. Pour marquer leur présence sur le terrain, les membres du gouvernement communiquent pour une meilleure transparence. Les récurrentes affaires de malversations débordent de la table de décharge. Des dossiers oubliés dans le fond des tiroirs poussiéreux font l'inédit. Les délits de surfacturations et le non-respect de cahiers des charges, l'affaire Dounia parc, pour ne citer que ces nouvelles fraîches, alimentent dans le présent la rue populaire et font la une de la presse nationale. L'Etat semble avoir été roulé dans la farine par de simples marchands de voitures déguisés en concessionnaires. C'est un secret de Polichinelle et la cacophonie fait rage. Tout le monde savait, dès le départ de l'opération, que le loup était dans la bergerie pour s'en mettre plein la gueule. Le sage dicton des chasseurs le confirme dans son expression, « li kariha dhib, hafadh'ha sloughi » (ce que le loup a lu, le sloughi l'a appris par cœur). Les lois et les garde-fous n'ont pas dissuadé les roublards. La classe politique n'a jamais cessé de dénoncer le pillage et l'impunité qui profitaient aux contrevenants, mais les malentendants ont fermé les yeux et se sont bouchés les oreilles pour laisser cette espèce continuer à traire. Le danger était imminent et il frappait déjà à la porte, il y a quelque temps. Le hic dans tout cela, et puisque les coupables sont connus et désignés, qu'a-t-on fait judiciairement pour qu'ils rendent des comptes rapidement ? Faire un simple constat des lieux pour la forme, comme à l'ordinaire, n'est pas suffisant dans le fond. Autrement, cette affirmation de la bouche des responsables du secteur n'est que de la poudre aux yeux pour leurrer l'opinion comme d'habitude. Des mesures draconiennes s'imposent pour donner une véritable crédibilité aux institutions de la République. Tant que l'Etat n'aura pas agi concrètement en combattant avec rigueur ces convoiteurs qui sabotent la croissance et l'économie, la dénonciation restera comme un coup d'épée dans l'eau. La carence de l'Etat est établie. Un dysfonctionnement, sans dispositif de contrôle ni de suivi, a précipité toutes les actions politiques dans le mur. La mesure de marche arrière décidée pour la levée d'interdiction et du retour à l'importation des véhicules d'occasion n'est qu'un moyen de substitut aléatoire pour renflouer les caisses vides de l'Etat et combler quelques trous dans le budget. L'interdiction et la levée d'interdiction est une action philosophique des politiques en mal d'intelligence. La crise est là ! Le mégotage est inutile et sans impact. Remplacer le matériel roulant neuf par du vétuste n'est pas une très bonne idée pour aller de l'avant. Au contraire, c'est une mauvaise nouvelle pour les défenseurs de l'environnement. Les routes vont être submergées par les tacots pollueurs et le réseau routier dépassé sera plus qu'infernal pour les routiers stressés. On fait simplement du populisme, mais en réalité, on ne règle rien. Le système est dépassé par les événements et la chute du prix du baril a porté un sérieux coup aux recettes principales du pays. Le système politique est pris au dépourvu. Il semble que les mauvais élèves n'ont pas appris ni retenu les leçons du passé. Ils tentent aujourd'hui de cacher le soleil avec un tamis. 


17/01/2017
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