LASNAMIA

A la vie comme à la mort.....

  

   A la vie comme à la mort

 

A la vie, comme à la mort,  El Asnam, ton âme  et ton nom resteront éternellement collés à mon corps. El Asnam et les séismes maudits qui ont rendus ma ville comme un taudis.   Ils ont détruits mon toit et mon emploi me laissant seul aux abois. Abandonné dans mon coin et observé de loin comme un misérable mendiant.  Je médite sur mon sort et je  tremble comme un nerf, soulevé par mes pleurs et  jeté par terre. Adieux mes amis. Vous qui n'étés plus sur terre. Evocation  et plainte de mes vieux souvenirs.

 El Asnam, Plaine de mes ancêtres et de mes profondes racines.  Cordon du lit de mon oued du Cheliff. Ville des vertes orangeraies et paradis des belles cigognes nichant sur les berges du moulin Robert.

A la vie comme à la mort, El Asnam, un non pour ton nom.  Mais ton nom reste inscrit en or et tu es mon unique  trésor. Carte postale  de mon décor. Lieu de mes vieux repères.  Mon jardin  tout vert et ouvert comme l'univers. Mon marché couvert rempli de bonheur.  Mémoire d'une Mosquée dessinée avec ardeur.  Souvenir du café la rotonde toujours dans le cœur. Aujourd'hui  mon dieu quel malheur !  Tir  de penalty et quelle joie de prendre un café sur la terrasse en plein air. Café 75, adresse de ma partie de domino avec mes pairs. Boulodrome de mes Rendez vous de pétanque  et de mon pastis du soir avec une bière, aujourd'hui je reste égaré au milieu d'une rivière tari par la sécheresse entière.A la vie comme à la mort, Bouras a chanté biyadha kalmor .

El Asnam interdit par un déni. Ton nom a été changé à tort mais tes lettres restent plantées dans mon cœur. Nostalgies  et odeurs de parfum d'hier tout prés  du coin de mes amis qui sont partis sans prières. Ecole de ma tendre enfance écolière, Ali et  Omar font l'école buissonnière du coté de la pépinière.  Affiches de cinéma collées à ma jeunesse. Ecran de séances nocturnes au commedia. Orchestre avec un far West au club. Ruelles  de mes promenades matinales, senteurs des fleurs du jasmin et des fruits échappées des couffins a la main. Nids du Printemps des hirondelles qui font la joie des enfants sous les balcons.

A la vie comme à la mort, El Asnam, un lieu dit qui raconte une histoire de statues qui ont laissées des vestiges et des ruines. Un nom jeté comme des prunes. Une mosaïque millénaire effacée pour cacher un récit proscrit. El Asnam la citadelle détruite par le mépris. Le  fort du Castellum romain détruit par un  grand séisme. El Asnam a perdu ses colonnes et ses statues classées par l'histoire. Cité antique  enfouie, qui glorifie un dessin de rêve raconté par des vestiges et des mosaïques sortis des ténèbres.

A la vie comme à la mort, avec El Asnam toujours d'accord. Orléansville, ville des conquêtes et  des remparts et  des portes fermées pendant la nuit. Témoignages des roumis et des pieds noir envahisseur de notre terre. Cité des misérables enchaînés et des proscrits. Epoque de la  révolution et de la grande défaite et de la liberté retrouvée. Ville des lions au milieu d'un grand département. Espace des monts et des maquis  de la grande révolution des frères  combattants, des résistants  et des martyrs de l'Ouarsenis.

A la vie comme à la mort,  un cri de douleur pour El Asnam qui résonne comme un tonnerre. Témoignage des enfants de la ville qui restent toujours  amoureux d'elle. Il était une fois  une ville dénommée "El- Asnam" entourée de la Ferme, de la Bocca  et de la Cité tous réunis autour la plaine.

 

 ADEL




01/10/2010
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