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Djilali Haddad, le dernier forgeron d'Abou El Hassan (Le Chelif du 13/4/2016)

Djilali Haddad, le dernier forgeron d'Abou El Hassan

 

La forge de Djilali Haddad est un édifice circulaire en pierre avec une coupole en forme de rotonde, qui servait jadis de château d'eau pour la petite population d'Abou El Hassan. Il a été transformé avec le temps en atelier de forgeron par son premier propriétaire qui vit depuis long-temps dans l'ex-village de Cavaignac. Cette bâtisse impressionnante par son architecture qui sort de l'ordinaire est toujours fonctionnelle de nos jours.

Le propriétaire, M. Haddad, porte bien son nom : en arabe, "haddad" veut dire tout simplement "forgeron". Il a pris la décision de conserver ces lieux tels qu'il les a trouvés. Il s'agit d'une vieille forge avec son brasier d'époque, chauffée à la houille et entretenue par un vieux soufflet poussiéreux d'un autre âge. Au milieu de cet atelier, une imposante enclume d'époque, avec les traces d'usures du passé, reposant sur gros tronc d'arbre, semble dire aux visiteurs : "J'y suis, j'y reste !".

Mais le forgeron ne bat plus le fer sur l'enclume pour le façonner comme autrefois. On a l'impression que le temps s'est arrêté dans cette forge qui garde encore les traces de suie. L'atelier est garni de vieux outils forgés à la main et par la force du bras et du marteau du forgeron. Des fers à chevaux, des grandes pinces,sont accrochés au mur comme des trophées gagnés avec le dur labeur.

Les gens d'Abou El Hassan se souviennent encore du maréchal-ferrant du village, vêtu de son tablier, s'affairant à ferrer les sabots des chevaux à l'aide d'un marteau et de longs clous métalliques. Les bêtes de somme de la localité sont tous passés par ici. A présent, M. Haddad, le forgeron, nous avoue que l'image des chevaux et de leurs propriétaires devant la forge fait désormais partie de l'histoire locale. Les carrosses ou les charrettes tirées par des chevaux ne courent plus les routes comme autrefois. Et on ne trouve plus de houille en vente sur marché pour allumer le brasier.

Aujourd'hui, les véhicules à moteur on remplacé les voitures hippomobiles. Il ni y a plus de chevaux pour tirer les charrettes comme dans les années 1960 et 1970. La petite forge a réduit son activité à de menus travaux de confection de petits outillages.

Cette forge est un petit musée rempli de vestiges du passé de cette vieille profession pour les rares visiteurs. La forge s'est éteinte avec son brasier. Le foyer n'est plus alimenté en air par l'antique soufflet. A Abou El Hassan, l'expression qui dit que "c'est on forgeant qu'on devient forgeron" n'est pas usitée chez les jeunes gens car, contrairement à leurs aînés, ils n'ont jamais vu un forgeron dans sa forge.

Hamid Dahmani



17/04/2016
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