LASNAMIA

DOCTEUR AMICHE ABDELKADER

 

 



Culture : «BAYADH EL YAKINE» DE ABDEL KADER AMICHE AUX ÉDITIONS DAR EL ADIB
Une machination de toutes pièces !


Dans le cycle de conférences au niveau de la bibliothèque de Chlef, il nous a été donné l’opportunité de faire connaissance avec le Dr Amiche-Abdelkader, écrivain et professeur de lettres arabes à l’université Hassiba-Ben-Bouali. La salle a fait le plein avec tous les passionnés d’écriture. L’auteur est né à Chlef en 1950.
Il ne fréquente l’école officielle que pendant quatre années, mais sa volonté de s’instruire ne s’en trouve pas pour autant émoussée. Grâce aux cours du soir et par correspondance, il s’adjugera un bac lettres. Il s’inscrira à l’université en 1980. Après une licence en lettres arabes, il enseignera pendant 15 ans. Le magistère obtenu en 1994 et le doctorat en 2002 lui permettront de devenir professeur d’université. Au lycée, il taquinait déjà la muse, mais c’est le journal El Djemhouria qui le fera connaître dans la rubrique «Le club des écrivains», page qui découvrira des talents comme Amine Zaoui, Rabia Djalti, Belahcène Amar. Mais il tient à nous faire savoir que son égérie n’est autre que sa mère, qui chaque soir lui relate un événement comme dans le conte des Mille et Une Nuits. Et c’est dans cette narration fleuve qu’il va puiser toute son inspiration. En 1982, il sera lauréat du premier prix au concours organisé par la revue Révolution et culture. Son premier roman paraîtra à l’Enal, en 1986, sous le titre Dairat el makhdouine, puis Les temps difficiles , L’écho, Contes pour enfants à Dar El Gharb, Roman moderne, La pureté de la certitude (2006), Khetab Elserdi (2007) à Dar El Adib. Le roman Bayadh El Yakine est né d’un choc psychologique, à la suite d’une information rapportée par TV5 relatant la mort horrible d’une jeune fille tchétchène, enlevée et assassinée par des éléments armés et que l’on remettra à ses parents, avec une jambe en moins. Ce trouble va réveiller chez l’auteur un autre souvenir enfoui dans son subconscient. En effet, 50 ans plus tôt, en pleine Révolution algérienne, un groupe d’hommes vient leur rendre visite. Il est frappé par une bosse dans leur dos. Resté dehors, il n’entendra que les lamentations déchirantes de sa mère. Plus tard, il apprendra que c’étaient des moudjahidine, venus leur annoncer la mort de son frère aîné au maquis. Sa conscience est ébranlée. Il ne comprend pas que des êtres humains puissent commettre de telles atrocités. Pour évacuer ce poids qui oppresse son esprit, il va mettre en route ce roman dans lequel il va imaginer que la mort de l’étudiante à Grosny n’est qu’une machination montée de toutes pièces et une désinformation médiatique, dans le but évident est de semer la terreur chez les indépendantistes. La jeune fille tchétchène, Heidi, prise pour morte, entendra son père lui faire la promesse de l’envoyer étudier à Constantine, car il y a de la neige comme à Grosny. Tel l’artiste Chointaoo, qui après avoir brûlé tous ses pinceaux, va s’évanouir dans sa toile, représentant un paysage de brume, l’auteur( dans le roman) va se lancer dans une recherche éperdue, effrénée. Il se rendra à l’université Emir Aek. Sur son portable, il aura la photo de la disparue, qui lui apparaîtra sous les traits de cette avocate palestinienne, kamikaze. Son trouble est tellement grave qu’il pensera que le corps s’est reconstitué à la manière d’un clone. A chaque personne ressemblante, il dira : «Tu es Heidi», mais il bute sur la même remarque :«Voyons, elle est morte, les informations l’ont annoncé.»Pour bien saisir l’ampleur de la tourmente qui s’est emparée de l’auteur, lisons le commentaire de M. Boudia. «Une romance pour élever la femme à un rang de grâce et de sérénité et vouer tout son amour à un modèle combien humain, sain et sans tâches» et la couverture au dos du livre : «Je suis le romancier affublé de son héroïne, que mon imagination a construite de toutes pièces… Mon exemple est celui de Heidi née entre les mots et s’est éteinte en souriant entre les errances spirituelles du conteur dans une nuit enneigée.»
Medjdoub Ali



13/02/2009
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