LASNAMIA

ENTREPRISES PUBLIQUES ةCONOMIQUES (EPE) PAR M. ABBACI DE CHLEF



Contribution : ENTREPRISES PUBLIQUES ةCONOMIQUES (EPE)
Le grand corps malade de l’économie algérienne


Par M’hamed Abaci, directeur financier, membre de l’Union des comptables algériens
L’incapacité des entreprises publiques (EPE) à apporter leur contribution au développement économique du pays et ce, malgré les milliards engagés à travers les différentes mesures de restructuration organique et d’assainissements financiers, alors que ces dernières ont de grandes capacités installées qui constituent le fleuron de l’industrie algérienne et d’une valeur mondiale appréciable à faire valoir dans la croissance et la création d’activités économiques, ce qui pouvait être, donc, un bon levier de croissance plus pour l’économie nationale.
Cela amène inévitablement à s’inquiéter et à s’interroger sur se grand corps malade de l’économie nationale dont son traitement demeure lié au soutien financier public et par ailleurs est en train de peser sur les attentes de la société. C’est tout l’enjeu de cet important soutien financier de l’Etat devant se traduire nécessairement par une croissance, la création d’emplois, l’amélioration du pouvoir d’achat et du progrès en général. Ceci dit, est une question d’importance majeure dans la politique économique et sociale du pays, effectivement, le développement ne tient pas au seul facteur argent. Et nous devons nous poser la grande question : comment peut-on mener une bonne politique économique et budgétaire sans avoir à la base une fiscalité ordinaire en puissance et des entreprises en technologie, performantes et compétitives à l’international ? Car leur rigueur et leur prise en charge en dépendent de l’avenir de l’économie algérienne. En effet, face aux évolutions mondiales notamment l’accélération de la mondialisation et la globalisation, il est devenu aujourd’hui urgent pour la pérennité du secteur public économique de la nécessaire adaptation pour une nouvelle ère de réformes de l’entreprise et de l’administration économique afin que notre pays peut s’insérer économiquement et socialement, car l’économie s’est globalisée dans ce contexte avec plus de rapports de forces, de systèmes démocratiques et économiques. Ainsi, rompre avec la pratique rentière qui continue à prédominer les mentalités des dirigeants économiques et la gestion des entreprises publiques économiques (EPE). D’où aujourd’hui la nécessité d’une remise en question de notre modèle de gestion et de gouvernance ayant atteint ses limites. Cette situation doit être corrigée impérativement car les investisseurs étrangers (IDE) exigent qu’il y ait une cohérence et une harmonie avant de venir en Algérie investir ou passer des contrats de partenariats au moment où le monde actuellement évolue sans cesse tout comme les technologies et le savoir-faire. Pour ainsi dire, l’importance et l’enjeu d’une meilleure autonomie de gestion, de meilleures méthodes de gestion et de gouvernance, d’un cadre juridique et réglementaire adéquat pour projeter l’entreprise algérienne dans une autre vision qui est celle des relations internationales notamment, il faut faire évoluer cette dernière vers plus d’ouverture afin d’attirer plus d’investisseurs étrangers (IDE) et par conséquent d’augmenter et développer nos activités industrielles, commerciales et financières est le point fort pour le développement économique du pays. C’est l’une de nos premières préoccupations pour préparer l’après-pétrole (rente) et pour pouvoir mieux gérer et mieux s’armer à la veille des nouvelles exigences nous liant à l’OMC, l’UE et la Zale. Dès lors, parler du secteur public économique en Algérie revient effectivement à l’aborder dans cette nouvelle projection du monde de l’économie et de la finance. Décidément, s’inscrire à cette ouverture n’est point un choix, mais une exigence de la mondialisation et par voie de conséquence bénéficier du transfert technologique, acquérir le savoir-faire et bien sûr faciliter à notre pays son adhésion à l’OMC, car la nouvelle économie ne profite pas aux pays rentiers, mais aux pays du savoir et du savoir-faire technologique. Pour rappel, les entreprises publiques économiques remontent aux années 1965/1984 dans le cadre d’un plan d’industrialisation initié par l’Etat et établi sur quatre périodes planifiées 1965/1967, 1970/1973, 1974/1977, et 1980/1984 aujourd’hui, sont des sociétés par actions (SPA) suivant la loi 88- 01dont l’Etat est le seul actionnaire et garant du capital social. Mais à vrai dire, nos EPE, dans une large majorité, n’ont jamais été gérées et gouvernées comme de vraies sociétés commerciales en conformité du droit privé et des fondamentaux de l’économie. Voire restant éloignées du système universel d’une économie de marché et par conséquent financées quasiment sur concours définitifs (dettes publiques). La problématique du secteur public économique demeure donc un sujet bien difficile, complexe et appelle aujourd’hui à l’urgence et nécessité d’organiser des grands débats pour de nouvelles idées qui développent l’offre, les capacités installées et les ressources humaines pour faire des mesures de l’assainissement financier engagées au profit des EPE ces dernier mois, un enjeu économique et fixant comme objectif : un référentiel économique et un projet de gouvernance nationale plus conforme au concept de l’économie de marché, ceci afin de s’inscrire au mieux dans une économie viable, ouverte, attractive, performante et compétitive. Ainsi, c’est libérer l’EPE dans la nouvelle économie au profit de l’économie dont notamment le financement et le développement ont pour source les mécanismes des marchés à savoir : la Bourse, la banque et le partenariat. L’Etat ne peut, dès lors, s’accommoder plus longtemps d’une politique de financement du secteur public économique, car nous considérons anormal de financer continuellement en concours définitifs sur les fonds publics une entreprise régie par le droit privé. Ceci pour dire encore une fois que c’est là que doit intervenir la réforme de l’entreprise et par voie de conséquence rééquilibrer les comptes du budget de la nation. En effet, la crise financière que traverse les pays de l’Union européenne offre à l’heure actuelle des opportunités d’affaires en mettant en œuvre des plans business dont notamment des entreprises algériennes peuvent lancer des offres publiques d’achats (OPA), et ce, afin de créer et développer des activités économiques et commerciales pour s’inscrire dans le monde de l’économie au profit de l’économie nationale en matière de rachats ou de délocalisations d’entreprises, de partenariats, de prise de participation : titres ou actions de capital. Ainsi, donner un rôle économique plus actif dans l’exercice des règles et mécanismes de l’économie de marché. De là, les dirigeants des EPE doivent exercer leur métier de chef d’entreprise ou d’entrepreneur, plus attachés à l’esprit d’entreprise et à la culture économique. Dans cet esprit de culture économique, nos EPE doivent souscrire annuellement au versement d’une contribution comme participation aux fonds de régulation du Trésor. En d’autres termes, le versement de dividendes qui revient à l’actionnaire unique (Etat) représentant un droit sur la rémunération des actions détenues sur le capital des EPE ou du moins, elles se placent sur le marché obligataire du Trésor. C’est cela que nous appelons faire preuve d’une bonne gouvernance politico-économique et d’un patriotisme économique dont le rôle des conseils d’administrations est déterminant voire capital pour donner un sens réel au statut des EPE qui relève aujourd’hui du droit privé, par qui on ne peut remettre en cause les règles, les mécanismes et les fondamentaux de l’économie de marché. La raison est d’abord liée au fait que nos EPE ont développé une culture beylicale notamment, très peu d’EPE mobilisent leurs ressources internes ou cherchent à se développer par une stratégie de croissance externe en amont : le marché. Mais cette manière de penser aux restructurations ou plans de redressements qu’en termes d’assainissements financiers sur les fonds publics est tributaire du choix des hommes appelés à être PDG ou gestionnaires sans être des managers effectivement, les vrais sont ceux qui prennent au sens du professionnalisme et la notion de responsabilités les risques et les initiatives économiques dans le processus de gestion et de développement. A dire vrai, ne peuvent être les cerveaux ou les artisans du progrès, du développement économique et de toute réussite de réformes ou restructurations. A quand donc, ce profil d’hommes à valeur grand H pouvant constituer l’élite de l’avenir de l’économie algérienne ? En effet, quel que soit l’importance du montant de l’assainissement financier, voire la taille d’un investissement, ne remplacera jamais le travail intellectuel ou le capital humain, un atout sûr mais demeure totalement ignoré dans les ressources de nos entreprises, alors qu’il constitue l’enjeu stratégique national du progrès et du développement. Il est important de faire un point sur l’état critique des lieux dont l’objectif est d’approfondir l’analyse et la réflexion sur les voies et moyens pour assurer une meilleure mise en œuvre de l’assainissement financier pour stopper l’hémorragie des finances publiques et croissance plus, car les EPE fonctionnent toujours sur de vielles idées notamment avec l’idée du tout Etat (beylek) et des pratiques du dirigisme qui ont fini par démobiliser les bonnes volontés et favoriser l’émergence de la passivité, le carriérisme et les rapports d’intérêts personnels. En effet, l’EPE ne peut pas être gérée avec l’esprit et la forme qui président à la gestion d’une administration ou encore à caractère de services publics. Sinon, on ne fait qu’augmenter l’ampleur de notre crise économique et aggraver la facture des assainissements financiers (dette publique). Effectivement, ce modèle de gestion mis dans les EPE reste en deçà des ressources financières mobilisées et très coûteux pour la collectivité nationale. Il est considéré dans ce contexte que les EPE créées au cours de ces quatre dernières décennies semblent en effet avoir été perçues dans le seul objectif de fournir un service public notamment répondre à la satisfaction des besoins sociaux et des commandes des collectivités locales. C’est bien pourquoi nos EPE sont résolument dépourvues aujourd’hui, d’économie politique, de stratégies de marchés et de capitaux. D’où la politique économique du pays reste centrée sur le rôle important du système financier de l’Etat qui tire en grande partie sa puissance de la macro-économie, alors que les défis économiques et financiers doivent être centrés au niveau de la microéconomie. Cet important programme d’assainissement financier engagé par l’Etat apparaît d’une réelle volonté d’aide à la relance de l’économie et sauver les emplois ainsi comme un fait à la fois marquant et important de la politique économique du pays et rien ne peut justifier cet immobilisme économique pour nos EPE qui n’ont pas d’autre choix que d’œuvrer pour opérer un changement profond aux plans fonctionnel et opérationnel dont notamment elles doivent se remettre en question pour permettre d’avancer vers l’avenir avec un bon esprit d’entreprise. Et cela devrait être une occasion de procéder à une première évaluation, car aujourd’hui une entreprise ne vaut que par ses performances économiques et aussi et surtout par sa contribution aux technologies, la création d’emplois, l’exportation et enfin l’investissement, qui nous permet en fait d’être au diapason de l’économie mondiale et de ce qui se fait de par le monde. En effet, il y a en premier lieu leur difficile gestion et leurs multiples faiblesses d’un dynamisme économique et d’une incapacité de management, dont notamment les EPE n’arrivent toujours pas à rentabiliser et développer leurs capacités installées qui sont les plus importantes de l’économie nationale et qui demeurent exploitées à moins de 55% et comme elles peuvent contribuer jusqu’ à 15% du PIB, causant ainsi d’importants manques à gagner à l’économie nationale au niveau de créations d’emplois, de production, de rentabilité financière. Et enfin, d’une force de travail peu qualifiée, faible maîtrise de la maintenance préventive que curative et d’un faible taux d’intégration qui stagne entre 20% et 25%. En second lieu, leur fort potentiel industriel composé d’importants actifs productifs d’une valeur technologique appréciable, mais nécessitant des investissements de valorisation. Auxquels, il faut ajouter leur importante place dans de nombreux secteurs stratégiques notamment l’agro-alimentaire, l’électronique, la mécanique, le ciment, le plastique, la pétrochimie et l’énergie, qui pèsent de tout leur poids pour sortir de l’immobilisme économique et développer des opportunités d’affaires économiques et financières pour la reconstruction de notre économie de production. A cela il faut ajouter l’existence d’un marché potentiel, porteur et favorable pour nos EPE dont notamment bénéficient de marchés publics importants de gré à gré, de marges préférentielles, de subventions. Et disposant aussi d’un réseau de distribution présent sur l’ensemble du territoire national, d’un savoir-faire de plus de quarante ans (40) à pouvoir faire beaucoup de choses pour améliorer et développer la croissance, et par conséquent assurer leur indépendance financière vis-à-vis de l’Etat et des banques. C’est ainsi un secteur industriel et commercial stratégique pour générer des emplois et des richesses à l’heure où le chômage bat son plein sur l’avenir des jeunes. En troisième lieu, leur régression morale à savoir l’apparition de plusieurs facteurs négatifs comme la notion de responsabilités qui a disparu du langage de gestion des EPE, l’absentéisme, le faible rendement dans le travail, le départ massif de cadres expérimentés et enfin d’une gestion par la recherche de satisfactions personnelles constantes, notamment où il est difficile de mobiliser les travailleurs et cadres pour la réalisation des objectifs physiques et financiers ou encore d’imposer des sacrifices nécessaires. En quatrième lieu, le soutien financier apporté par l’Etat après plusieurs mesures d’assainissement financiers aux entreprises publiques économiques n’a jamais été un facteur structurant ou révolutionnaire dans le développement économique, mais est en réalité motivé à chaque fois par l’équilibre des comptes financiers, la solvabilité bancaire et guidé par l’enjeu de sauver les emplois et d’éviter des liquidations anticipées. C’est une démarche qui n’incite pas à notre sens à l’effort en conformité avec l’esprit d’entreprise notamment se rapportant à un mode de fonctionnement d’une économie administrée appliquée toujours dans une économie de marché enfonçant davantage nos EPE dans une gestion statique plutôt que dynamique, notamment plus d’actions et d’efficacité dans l’économie nationale. En cinquième lieu, nos EPE ne font pas preuve d’un nouveau modèle d’entreprise pour innover et investir dont notamment le potentiel national de croissance ne cesse de subir les contrecoups d’une gestion beylicale et de l’absence d’une gouvernance économique intelligente et plus compétente. Et d’une façon générale sans base sociale, sans idées de progrès et enfin l’EPE traditionnellement reste attachée à une culture étatisée et créant davantage de situations difficiles à l’Etat en tant qu’actionnaire unique dans la mesure où cette situation des EPE a particulièrement affecté le climat social (conflits sociaux, grèves…), les équilibres budgétaires qui ne cessent d’alimenter les craintes de nos experts économistes et financiers, l’économie ne fonctionne pas suffisamment dans l’organisation des EPE longtemps restées à la traîne. Vingt-trois ans (23) après leur passage à l’autonomie en 1988, la situation des EPE ne cesse de se dégrader d’année en année. Notre économie, comme tout le monde sait, se tient relativement grâce aux revenus des hydrocarbures, qui représentent 98% environ à eux seuls, mais ne règlent rien de fondamental sachant que l’importance économique d’un pays se crée et se développe au niveau de l’entreprise qui est le fondement de la transformation et le développement de nos ressources. Autrement dit, selon le vieil adage populaire, l’argent ne fait pas le bonheur, même s’il contribue, ou encore l’argent, le nerf de la guerre. Seules les ressources humaines font les forces motrices de la politique économique du pays. En effet, cet énième assainissement financier est déjà révélateur et est le fruit amer d’une politique financière du secteur public économique qui s’avère notamment inefficace et sans pour autant avoir généré une transformation en termes de développement économique et d’innovation. Sinon les précédents assainissements financiers auraient dû être et depuis longtemps la clé de la réussite. A la lumière de ce qui précède, nos EPE ont montré leur fragilité, voire perdu l’esprit d’entreprise. Un changement s’impose à tous les niveaux face à l’évolution rapide caractérisant la vie économique et sociale, dans l’unique perspective de se doter d’une économie politique des EPE claire, définie et capable de nous intégrer dans l’économie mondiale à l’exemple des pays comme la Chine, la France, l’Italie ayant un secteur public économique performant, efficace, ouvert et fortement intégré dans l’économie de marché et de capitaux. Ce constat anachronique assez simple signifie un manque d’anticipation dans la gouvernance et la gestion de nos EPE d’une économie qui demeure peu capitalisée en valeurs boursières, technologiques, ressources humaines et peu rentable, servira comme un indicateur de dysfonctionnement organique dont notamment les mesures d’assainissement financier en question ne sont pas en parfaite harmonie avec les réalités managériales sur le terrain et comme étant des solutions économiques. D’où la nécessité vitale d’une réforme profonde de l’économie des EPE devant reposer sur les axes fondamentaux qui sont les nouvelles formes d’entrepreneuriat, les valeurs humaines, la mondialisation, la liberté de l’initiative économique, la transparence et le droit économique pour faire de l’entreprise algérienne un vecteur du développent économique de l’Algérie notamment, valorisation et développement des ressources du pays, évitant ainsi toutes les procédures et réglementations bureaucratiques qui limitent l’efficacité et l’efficience économique, le professionnalisme ou qui paralysent l’exercice des règles et mécanismes de l’économie de marché, voire incompatibles avec les sciences économiques et les évolutions mondiales. C’est ainsi restaurer la confiance et le bon pouvoir économique comme éléments déterminants pour susciter un grand intérêt pour les investisseurs et tout particulièrement développer une fonction stratégique entre la croissance interne et externe où émergeront des perspectives ouvertes pour de grands projets d’entreprises d’intérêts communs pour développer une intégration économique interne et des économies d’échelles de croissance, qu’il faut absolument cerner dans ce nouveau contexte de l’ouverture économique du pays. C’est là un véritable creuset canalisant la croissance, l’emploi et le développement économique qui doit retenir plus d’attention les pouvoirs publics pour accroître le nombre et la taille de nos entreprises et non pour accroître la domination d’une économie de rente. C’est la voie la plus indiquée aujourd’hui pour créer un environnement propice à la pleine participation des EPE disposant d’un atout industriel restructurant des secteurs agricole et hydraulique incontournable pour le développement économique durable. Et ne peuvent continuer à cet effet à demeurer l’otage d’une économie administrée synonyme de centralisation et de bureaucratie qui influent d’une manière négative sur l’économie de l’entreprise. Cela dit, l’EPE doit avoir son projet économique pour s’imposer au lieu de continuer à subir au moment où l’économie de l’Algérie se retrouve dépendante de l’extérieur et a une demande plus forte que l’offre. L’Algérie intéresse aujourd’hui l’économie mondiale au regard de ses plans énormes de relance, de ses potentialités et de sa position géostratégique et géo-finance. Doivent se créer à cet effet toutes les conditions nécessaires pour mieux intégrer les EPE dans cette nouvelle donne. Parmi les plus importantes, il y a d’une part casser les mentalités beylicales et placer ces dernières au cœur des marchés pour faire avancer et réussir nos réformes économiques qui sont le véritable sujet de crise dans les nouveaux espaces de l’économie mondiale car nous avons un modèle social et économique qui nous revient très cher et peut être fatal en cas de baisse des prix du pétrole. D’autre part, il y a une mesure fondamentale que devraient prendre en considération les pouvoirs publics, à savoir la valeur humaine contrairement aux autres aspects matériels et financiers. Et ce, par la mise en place d’une bourse des cadres ou des compétences de haut niveau qui consiste à mettre en œuvre un marché des compétences au service de l’économie nationale pour se doter d’une expertise interne pour une gouvernance économique plus compétente et d’un niveau d’excellence qui incarne les valeurs afin de professionnaliser et revaloriser tous les métiers de l’entreprise et promouvoir un réel projet d’entreprise qui nous projette dans l’étape de l’après-pétrole. C’est dire que cette énième restructuration organique et financière initiée pour les EPE ne peut être l’œuvre de fonctionnaires ou de responsables n’ayant aucune compétence technique et managériale. Cela dit, c’est la valeur homme qui fait l’entreprise, plutôt la loi de l’argent ou de l’importance des investissements. Alors, il faut le dire en toute honnêteté intellectuelle et professionnelle, qu’on cesse de placer les amis et les proches ou sur des bases régionalistes. Effectivement, la qualité des ressources humaines doit être désormais au cœur de tous les enjeux de l’économie nationale. C’est dire que la ressource humaine devient plus importante que la propriété ou le capital social de l’entreprise. Il va sans dire que nous avons besoin davantage de stratèges, de vision, et de forte personnalité, un meilleur recrutement de cadres compétents, honnêtes et intègres. En clair, la question de l’homme vient avant l’argent, la machine avant toute restructuration, voire tout financement ou subvention et, enfin, il n’y aura pas de développement sans la réhabilitation du savoir et du savoir-faire. En effet, le plus difficile n’est pas de disposer de l’argent qu’il faut pour assainir le passif et rendre nos EPE solvables ou bancables, mais plutôt trouver les bonnes solutions et réunir toutes les conditions pouvant renforcer et développer leur capacité de management pour, notamment, développer en bon pouvoir économique l’esprit d’entreprise, les valeurs du travail et humaines qui font sans doute le génie de l’économie algérienne. Il faut donc revoir en profondeur cette politique de financement du secteur public qui demeure plus proche de l’idéologie socialiste car l’entreprise c’est le marché, et le marché c’est l’entreprise. C’est là le souci de la chose d’intérêt public et l’approche de l’idée du patriotisme économique ou du sujet économique tout court qui revient aux pouvoirs publics de mettre l’entreprise au cœur du monde de l’économie. Voilà un vaste sujet de l’heure qui revêt une importance nationale qui doit permettre d’ouvrir une réflexion et un débat politico-économique, car il tient à un constat douloureux et préjudiciable dans la mesure où actuellement nous sommes obligés d’importer presque tout, grâce aux recettes des hydraucarbures. Alors que l’Etat a mobilisé plusieurs milliards de dinars sous forme de restructurations et d’assainissements financiers, voire même les salaires ont été subventionnés pour développer et maintenir nos EPE en activité ou leur éviter le dépôt de bilan. Il apparaît évident que ce débat doit permettre d’instaurer le dialogue sur de nouvelles idées avec les entreprises et de mieux appréhender l’événement économique dans cet énième assainissement financier au profit des EPE dont il faut souligner au passage qu’il ne s’agit pas d’une nouveauté d’ingénierie financière, mais d’un choix politique du passé toujours présent dans la politique économique du pays, au risque d’aggraver les déficits budgétaires et par conséquent l’inflation, pénalisant les entreprises en matière de coût d’exploitation et des ménages dans leur pouvoir d’achat. D’où l’importance d’agir afin d’éviter d’une part de revenir à un autre programme d’assainissement financier, notamment une équipe dirigeante qui réalise deux fois consécutives un déficit comptable ou du moins n’atteint pas les objectifs économiques stratégiques doit impérativement déposer sa démission. D’autre part, à l’heure actuelle, l’économie d’entreprise est le défi majeur et incontournable pour l’après-pétrole. Grâce à ce choix politique qui s’avère d’une nécessité socioéconomique compte tenu de la crise sociale actuelle, nos EPE ont retrouvé donc leur bonne santé financière qui leur permet de renforcer leurs fonds propres, d’assurer dans de meilleures conditions les équilibres budgétaires et de fonctionner d’une manière optimale pour atteindre le niveau de fonctionnement et de gestion de l’actif de production ou de réalisation. En effet, il est prévu au titre des mesures de l’assainissement financier au profit des EPE : l’effacement par l’Etat des dettes, d’un apport en fonds frais et d’un plan d’investissement (renouvellement des équipements et moyens matériels). Cependant, cela ne semble pas suffire car ces mesures peuvent ne pas aboutir en termes de perspectives d’évolution en raison de mentalités de l’Etat dans l’Etat acquises dans la gestion des EPE notamment elles sont beaucoup plus perçues d’un point de vue de trésorerie qu’économiques pour en tirer profit dans une vision d’économie de marché ou du moins dans quelles perspectives économiques. C’est pourquoi les EPE doivent être réceptives aux objectifs de la politique économique du pays et ne peuvent ainsi se dispenser de l’obligation de mettre en place une démarche de transparence et de communication vis-à-vis de l’actionnaire unique (Etat), l’environnement immédiat et du grand public en général sur la situation générale et les perspectives économiques attendues. De même la publication des comptes sociaux (bilan, comptes de résultats et l’annexe). Mais il est clair que l’Etat doit accorder en priorité tout ce qui concerne et intéresse la microéconomique pour que nos entreprises puissent émerger et se développer au profit de la croissance et de l’emploi car restructurer et assainir, c’est développer, moderniser et, enfin, rendre plus efficace et plus performant. Dans cet esprit, nos EPE n’ont pas été suffisamment bien cernées dans leur statut de doit privé en tant que bon pouvoir économique, pouvant conforter et appuyer leur management par une meilleure perception du risque de gestion en matière de pénal quand il s’agit de gérer les capitaux publics dans l’économie de marché. Alors, l’économie consiste à prendre des risques dans la gestion, mais bien entendu au sens du professionnalisme les bonnes règles de la commercialité et l’intérêt du développement économique de l’entreprise qui se fondent notamment sur la négociation, le contrat et le partenariat pour l’optimisation de profits, sécurité juridique des investisseurs et des actionnaires. Ce sera la voie la plus rassurante pour notre pays de mieux s’insérer dans la mondialisation et par voie de conséquence de bénéficier des investissements directs (IDE), du transfert technologique et du savoir-faire d’une part, et outiller juridiquement les dirigeants d’entreprises pour se renforcer davantage dans cette voie pour plus d’initiatives économiques d’autre part. La législation économique actuelle s’avère à notre avis proche d’une idiologie socialiste et par ailleurs surchargée notamment tantôt de droit public, tantôt de droit privé constituant un frein pour les cadres dirigeants pour se donner un rôle économique basé sur la liberté de l’initiative économique plus protégé et renforcé sachant que plus l’économie progresse efficacement, plus notre pays se développe rapidement dans un bon esprit d’entreprise, la nécessité d’un cadrage juridique plus flexible et clairement établi s’impose entre l’abus de biens sociaux et de dilapidation des biens publics pour plus d’action et d’efficacité économique en sachant que l’EPE jouissant suivant la loi 88-01 de la configuration juridique de société morale et de l’autonomie financière. Sa composante, son fonctionnement, ses attributions et son contrôle sont fixés dans ses statuts relevant du droit privé dont ses capitaux sont marchands, ce qui suppose donc un cadre juridique d’harmonisation pratique qui vise à développer l’économie selon les lois du marché, garantir la propriété et préserver la pérennité de l’entreprise. Ainsi, on doit s’adapter à la jurisprudence et aux nouvelles normes comptables internationales IAS/IFRS intervenues dans le cadre de la réforme comptable promulguée par loi 07-11 du 25/11/2007 qui expose le principe de la primauté de l’économie sur la nature juridique, politique, voire fiscale dont notamment quand l’économie d’entreprise va, tout va comme aussi il est important de rappeler à ce propos que l’Algérie est engagée dans un processus d’ouverture et de mise en place d’un marché de libre-échange où se fondent l’autonomie de l’entreprise et la liberté d’initiative économique. C’est bien pourquoi l’économie algérienne ne pourra pas fonctionner efficacement sans cette harmonisation de la législation économique adaptée aux lois de marché et à la réalité internationale. Effectivement l’économie administrée (droit public) et l’économie de marché (droit privé) sont deux notions incompatibles. En d’autres termes, deux lignes parallèles qui ne se rencontrent jamais. C’est ainsi le grand objectif politico-économique de l’heure en tenant compte de la complémentarité de toutes les variantes nationales et internationales, l’après-pétrole oblige. C’est ainsi l’importance et la place de l’entreprise algérienne. Cet objectif remet en question pour une nouvelle réforme impliquant un modèle et un regard nouveau. En effet, dans ce contexte de la nouvelle économie, ce ne sont pas les coups de milliards, de circulaires, de notes et d’instructions, mais bien dans les actions, les initiatives et les réflexions. C’est ce qui manque le plus aujourd’hui pour redresser l’économie du pays au diapason de l’évolution rapide de l’économie mondiale. Restent alors les grandes questions qui méritent d’être posées sur le rôle et la place de l’EPE pour une nouvelle gouvernance du secteur public économique dans l’économie algérienne, à savoir : nos EPE ont-elles les moyens de leur stratégie pour réussir cet important programme d’assainissement financier ? Y a-t-il une nouvelle stratégie de l’économie d’entreprise face aux évolutions mondiales ? Y a-t-il une économie de marché qui fonctionne dans nos EPE et qu’en est-il aujourd’hui à l’heure de ces grands rendez-vous de la globalisation de l’économie ? Nos entreprises présentent-elles un nouveau visage et affichent-elles des ambitions et des perspectives dans la nouvelle économie à l’heure de cet important programme national d’assainissement financier ? Avons-nous une élite dirigeante dans le fonctionnement des structures de l’économie nationale et de l’entreprise ? Dans l’esprit de beaucoup, l’économie c’est l’Etat. Quel est alors précisément le rôle de l’entreprise en Algérie ? Enfin, quel avenir pour l’entreprise publique dans le nouveau paysage politico-économique de la mondialisation ? En résumé donc, ce sont là les enjeux et les défis d’un nouvel ordre économique et financier de la vision future de l’EPE en Algérie pour la porter à un niveau d’excellence qu’il faudrait y travailler et mettre en place pour lui assurer son rôle dans l’économie de marché et l’avenir d’une manière générale pouvant, espérons-le, contribuer efficacement au développement économique pour que notre pays dispose de suffisamment de richesses, de technologies et d’emplois. En effet, l’économie nationale ne peut progresser et se développer sans l’entreprise notamment, elle est partie prenante dans la politique économique et porteuse de projets de croissance et de stabilité face à l’évolution sociale. Seuls vecteurs garants du progrès et du développement d’une nation. Mais il n’y a pas d’économie pérenne sans un Etat de droit et de démocratie économique et d’une législation stable et profitable selon les règles et les mécanismes de l’économie universelle dont notamment l’objet social et le statut des EPE dépendent aujourd’hui.
M. A.





Source de cet article :
http://www.lesoirdalgerie.com/articles/2012/01/02/article.php?sid=128107&cid=41


02/01/2012
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