LASNAMIA

«Khodhra foug taam ! »(Le Chelif du 19/8/2015)

Chronique du temps qui passe

 

 

«Khodhra foug taam ! »

 

On dit souvent ceci de quelqu’un d’insignifiant : «hadhek ghir khoudhra foug taam ziyada ! » (Celui-là n’est qu’un décor sur le couscous en plus). Une expression populaire très usité chez nous et qui veut dire que la personne désignée est insignifiante, qu’elle n’assume aucune responsabilité réelle et qu’elle n’a pas de pouvoir de décision pour résoudre ou décider d’un problème dans une hiérarchie et que, derrière elle, il y a une grosse légume qui tire les fi-celles.

Et pourtant, dans la réalité culinaire, les ingrédients ou «khodhra» (légumes), c’est essentiels dans la préparation du couscous. Les légumes sont déterminants pour la réussite de ce plat et sa saveur. Pour faire du bon couscous, il faut une «guedra et un keskes» (un couscoussier) et une «ghelaga » (bouche-trou) qui va rendre hermétique le couscoussier.

Pour se lécher les babines, il faut manger du couscous maison de maman ou de la grande tante. C’est un délice que de se remplir la panse et faire bombance avec un plat de couscous roulé avec de la semoule moyenne ornée de légumes et d’épices avec de la viande.

En vérité, ce sont les succulents légumes qui le composent et qui vont avec, qui font généralement la réussite d’un couscous. Il faut savoir et bien le souligner qu'un plat de «T’aam, kesksou, ou berboucha » (couscous) composé uniquement de semoule sans ingrédients, n’est pas très appé-tissant. «El-khodhra» sur t’aam, c’est beau et alléchant, même pour les yeux. Il existe plusieurs variantes de la recette et on peut consommer son couscous (blech) sans accompagnement, l’arroser avec du lait, du leben, du beurre, du miel ou du café au lait… et selon les humeurs culinaires de chacun. Tous ces ingrédients cités dans la composition

du «maach» sont indispensables pour la réussite du bon couscous de chez nous, on ne doit pas sous-estimer cette « khodhra foug taam » reniée par le dicton populaire.

Mais ce qui tarabuste l'esprit le plus, ce n'est pas le cous-cous et sa préparation, c’est ce dicton populaire et sa signification négative qui nuit à la garniture du plat de couscous.

Entre le dicton et la recette, il y a une mêlée de «légumes».

L’autre jour, un ami m’a sollicité pour un coup de pouce pour une formalité administrative dans une boite. Je lui ai recommandé un copain de vieille date qui travaille dans cette boite en lui disant : «Vas voir flène, il prendra soin de toi ! » Il m’a répondu avec dédain : «Hadhek ziyada !

khodhra foug taam !»

Hamid Dahmani

 



25/08/2015
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