LASNAMIA

La rue du chahid Mohamed Zahlou l( Le Chelif du 24/2/2016)

 

 

La rue du chahid Mohamed Zahloul

 

C’est une rue éloignée du cœur de la ville et des activités commerciales. Longeant le jardin public du 11 décembre 1960, elle fait à peine une centaine de mètres de long, prenant son cours à partir de la rue Ibn Rochd jusqu’à sa jonction finale avec la rue des Martyrs, au Nord-Ouest.

En 1843, on la connaissait sous le nom de rue Leblond. Apres l’indépendance elle devient, rue Ibn Khaldoun et, récemment, en 2015, elle a changé de nom pour porter celui du martyr de la révolution Mohamed Zahloul, tombé au champ d’honneur en 1958.

Le «fidaï» Mohamed Zahloul est né le 3 mars 1940 à Bocca Sahnoun (actuellement hay Es-Salem), il a répondu à l’appel révolutionnaire du 1er novembre 1954 pour s’engager très tôt dans les rangs de l’armée de libération nationale (ALN) aux côtés de ses compagnons en lutte pour une Algérie libre et indépendante. En 1957, il regagne officiellement les rangs de l’organisation civile de l’ALN comme «fidai» à Orléans-ville.

Poursuivant sa noble mission avec ses compagnons de lutte, il tombera en martyr en 1958 après avoir mené et exécuté une opération militaire contre l’armée française

dans le centre ville d’El-Asnam. Ils étaient trois braves «fidayines» ce jour de l’année 1958. Zahloul Mohamed, Bouteraa Mahmoud et Bouziane Sahnoun se sont rendus, à la tombée de la nuit, à la gare d’El-Asnam pour une mission et un objectif précis : attaquer des militaires qui étaient dans le bar de la gare. Après avoir exécuté leur mis-sion, les trois combattants seront poursuivis et pris après d’intenses recherches. Ils meurent sous la torture. Le lendemain matin, leurs corps ont été exhibés d’abord au centre-ville, à l’emplacement actuel de l’APW de Chlef, aux regards de la population et, ensuite, dans l’après-midi, prés du moulin «er’ha», situé dans leur quartier natal de la Bocca Sahnoun. C’est une rue tranquille, très ordinaire qui rend hommage à un héros de notre glorieuse révolution qui se situe à quelques encablures de l’ex-société nationale de transport des voyageurs (SNTV), du centre culturel et sportif Larbi Tebessi et de la vieille mosquée de la ville. Le chemin du jardin public est chargé de souvenirs ancrés dans la mémoire de tous ces élèves qui ont emprunté cette voie après l’indépendance, près de deux décennies. Hier, se dressaient deux écoles qui activaient côte à côte, l’ancienne école de filles«indigènes», au style mauresque, qui est tombée avec le tremblement de terre de 1954, et ce qui devint le collège d’appren-tissage Ibn Khaldoun, à la place de l’école Leblond, reconstruite après 1954, dans un style européen moderne. Après le tremblement de terre de 1980, les deux bâtiments furent rasés pour laisser place à un espace de jeux pour enfants au sein du jardin public. Il ne reste pour l’évocation de ces deux bâtisses que des vieilles cartes postales d’époque en noir et blanc avec une vue sur l’école, uniques souvenirs et témoignages de ces deux établissements scolaires qui faisaient la fierté du secteur de l’éducation d’antan. Le centre d’apprentissage Ibn Khaldoun, ex-école Leblond, dispensait des formations aux jeunes filles dans plusieurs branches. C’était un établissement qui fonc-tionnait avec une discipline de fer et qui était réputée pour la qualité de l’enseignement prodigué par des enseignants brillants.

La rue du chahid Zahloul Mohamed est une voie calme et dégagée qui nous invite à une vue superbe sur le village de la Ferme, sur son pont et son mythique oued du Cheliff qui traverse la ville.

 

Hamid Dahmani



01/03/2016
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