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Le boulevard du martyr M’hamed Djouba ( Journal Le Chelif du 23/3/2016)

Le boulevard du martyr M’hamed Djouba

 

Nous nous ne lasserons jamais d’évoquer les faits d’armes des braves moudjahidines tombés au champ d’honneur pour libérer le pays du joug colonial. Et parmi ces héros, il y avait dans les rangs de la célèbre wilaya 4 et de sa glorieuse armée, le jeune moudjahid M’hamed Djouba, originaire de la commune d’Ouled Fares, qui avait rejoint ses frères de lutte dans le djebel, en 1957, et qui avait fait le serment de se battre et de servir la patrie jusqu'à la mort. Le martyr Djouba était issu d’une famille pauvre mais d’une grande dignité. Il tombera en 1958 au front, les armes à la main. Il venait d’avoir 28 ans.

Aujourd’hui, à Chlef, une rue porte le nom de Djouba le martyr. C’est un grand boulevard qui se situe dans la zone Ouest de la ville. Et cette semaine, nous allons revisiter ce grand boulevard plein de souvenirs qui mène à la cité d’urgence, aujourd’hui baptisée «Hay Bensouna», du nom du moudjahid le docteur Mohamed Bensouna, un autre nom héroïque de la révolution décédé en 1987 et dont nous reviendrons prochainement sur son parcours militant. Cette grande voie se détache de l’avenue de l’Indépendance (direction Hay Salem) avec un commence près du lycée Es-Salem et un autre finissant à la trémie qui se trouve sur la route nationale dans la direction d’Oran.

Le boulevard est chargé d’une histoire qui commence avec le tracé du plan d’Orléansville. De cette rue, les anciens gardent le souvenir de la grande muraille et de la garnison coloniale ; deux repères qui se confondent de manière intime avec l’histoire de la ville. On se rappelle encore, durant notre enfance, du mois de Ramadhan et du coup de canon tiré par les soldats français dans les années près des locaux de la Croix-Rouge, pour annoncer la

rupture du jeun. Nous étions encore petits et nous venions par groupes d’enfants voir le spectacle du coup de semonce, en nous installant sur la placette, derrière les fils barbelés qui entouraient la caserne.

Dans les années 1970 à 1980, c’est le souvenir du nouvel hôpital qui était construit juste en face des bureaux du Croissant-Rouge qui est toujours dans nos esprits. La structure hospitalière est tombée dès la première secousse du tremblement de terre de 1980, ensevelissant sous ses décombres de nombreux stagiaires de l’école paramédicale étudiant sous le régime de l’internat.

Plus bas que l’hôpital, c’était l’adresse de la cité des Vergers. Une belle cité qui regorgeait de vie et qui s’est effondrée lors du même séisme, laissant le vide et le désarroi dans les cœurs de ceux qui l’ont habitée. A présent, une vaste salle des sports dénommée «Chahid M’hamed Nasri» occupe les lieux. On se souvient aussi du vieux pont de Tsighaout et de son histoire qui a fait le sujet de très belles cartes postales édités durant l’époque coloniale. En 1967, les graves inondations qui ont touché la ville ont emporté ce bel ouvrage historique qui enjambait l’oued de Tsighaout. Après la traversée du nouveau pont, ce sont les limites de la cité Bensouna. Pour l’histoire il faut savoir que cette cité a vu le jour après le tremblement de terre de 1954 sous l’appellation de «cité d’urgence» en même temps que la cité «Halla» et la cité «Cha-gnaud». Ce sont des cités construites en dur et dans l’urgence pour heberger les sinistrés du séisme de 1954. Des habitations très modestes ayant la forme d’une marmite surmontée d’un couscoussier. La population les désigne à ce jour par «guedra ou keskes».

Dans le passé de cette cité, le souvenir des inondations des années 1960 est toujours vivace. Les eaux de l’oued Tsighaout ont complètement inondé et emporté le vieux quartier de la «zmala». Comme quoi, il faut toujours se méfier de l’eau qui dort…

 

Hamid Dahmani

 



29/03/2016
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