LASNAMIA

PASSE MOI LE FLAMBEAU, AAMOU.( Le Soir d’Algérie)



Vox populi : Passe-moi le flambeau, Âmou !

Le feu a toujours été notre compagnon le plus proche dans la vie de tous les jours. Le feu nous attire par sa lumière et ses couleurs. Dans notre tendre enfance, nous aimions jouer avec le feu. Le feu a joué constamment un rôle primordial depuis que le monde existe et depuis sa première découverte. Cette énergie chauffante demeure depuis la nuit des temps un symbole de la liberté, de la vie, de la puissance et de la lumière. Le feu a toujours été un élément d'autorité, de pouvoir et de domination par son énergie déterminante.
Le symbole de cette flamme a toujours été le flambeau, ce cornet en forme d'entonnoir tenu par la main droite et levé vers ciel durant les moments d'échanges et d'alternances entre les générations montantes. Le feu est synonyme de chaleur et de lumière. Pris entre deux feux, voici l'épreuve du feu.
- Dis-moi Aamou ? Veux-tu me passer le flambeau ! Depuis que nous sommes en marche ensemble sur cette route qui ne veut pas finir au milieu de cette obscurité noire, c'est toujours toi qui fais le chef, avec ce flambeau en main pour nous éclairer. Allez ! Fais un effort pépé, sois gentil et laisse-moi tenir ce flambeau juste un moment rien que pour sentir la chaleur du feu s'il te plaît.
- Tu sais Adel, mon fils, tu es encore trop jeune pour jouer avec le feu. Et tu dois savoir que seules les grandes personnes peuvent approcher les flammes de ce flambeau sans courir le risque de se brûler.
- Mais Aamou, tu m'as promis plusieurs fois au moment de notre départ pour ce long voyage qui ne finit pas et tu m'as donné ta parole qu'en cours de route, tu me passeras cette lumière. Allez Aamou, passe- moi le cornet, je veux te montrer que je suis un adulte et que même je peux faire mieux que toi sans me brûler les doigts.
- Tu peux toujours courir mon fils, je n'ai pas confiance en toi et je ne suis pas si sûr que ça que tu puisses nous guider dans le droit chemin sans dévier vers d'autres sentiers aux risques de nous perdre dans ces ténèbres.
- Mais Aamou, lorsque nous étions tous rassemblés dans la grande maison, tu as toujours dit devant les autres vieux, que maintenant Adel est grand et que c'est un adulte responsable et que dorénavant, il pourra me remplacer puisque je me fais un peu vieux et plutôt très fatigué . Alors, Aamou, tiens ta parole, faisons la rotation et passe-moi «elmichaâl » et, pour une fois, soit correct.
- N'insiste pas, toi le môme ! Le flambeau est dans ma main et il le restera jusqu'à la fin de l'aventure. Tu n'es pas encore trop mûr pour bien nous éclairer tous les deux sur le droit chemin tracé par nos anciens. Alors, petit, marche à côté de moi et tais-toi ! Et laisse-moi faire. Et marche sur mes pas.
- Tu sais Aamou, toi aussi, tu éclaires mal la route à force de tenir le flambeau tordu, j'ai failli à plusieurs fois ravaler mes dents après avoir buté sur des gros cailloux cachés par la nuit.
- Tu sais que tu commences à m'agacer petit, avec tes jacasseries infantiles. Et je vois en plus que tu manques beaucoup d'éducation. Et à force d'insister et de tenir tête à des personnes plus âgées que toi, un de ces jours, ça va tomber ! Petit, il faudrait te mettre dans la tête que l'ambition trop démesurée n'aboutit pas, mais au contraire, on se casse les dents avec les grandes tentations.
- Alors, c'est comme ça Aamou ! Tu ne veux pas me passer la torche ! Tu sais, tu es méchant et mauvais et un grand menteur et en plus je te hais. Tu sais, à partir d'aujourd'hui, je ne t'accompagnerais plus dans tes grandes marches. Déjà que tu ne sens pas la rose. Et avec toutes ces odeurs malsaines qui se dégagent de ton corps, toi aussi tu es devenu insupportable à fréquenter, Aamou ! Et je ne te cache pas aussi, Aamou, que tous les enfants du quartier ne parlent qu'en mal de toi. Ils disent que tu la joues trop et que tu es trop fier et hautain et que tu es trop poli pour être honnête. Et en plus tu es ridicule dans ta tunique que tu portes tout le temps. Rakmekhnez Aamou
- Tu peux toujours causer petit. Et Teriaha men techek (bon débarras de tes pets) et de ce côté-là, moi aussi je serai tranquille de ne pas te sentir, «khenfous » va !
- Allons Aamou, reviens à la raison et fait un petit effort et pousse-toi de côté pour que je m'y mette un petit instant en tête de file.
- Ya tfoul ! Tu es un bourricot ! Et depuis le temps que je te cause, tu n'as rien retenu de mes leçons, tu es bouché ! Alors, écoute-moi bien y a si radjel, ce que je vais te dire pour la dernière fois. Ce feu que tu désires tant t'en empare pour le monopoliser, ghir fout-ha ! Et combien de rouh (vies) depuis la préhistoire et la découverte de cette énergie sont devenues feu après avoir voulu tenir le feu. Donc pour le baptême du feu, ce n'est pas encore le moment pour toi, Oulidou ! Et puis après, un jeune garçon comme toi, Oulidou, devrait courir plutôt derrière les jeunes filles, qui ont le feu au cul, mieux que de courir derrière un flambeau pour s'éclairait. Tu sais, tu m'as fatigué fiston, ma bouche est en feu et sèche et je n'ai plus de salive à cause d'avoir trop râlé. Viens on va s'arrêter un petit moment et faire un bon feu et faire une petite causerie utile autour de ce coin de feu.
- Aamou ! As-tu du feu sur toi ? Je voudrais allumer une sèche. Aamou, il ne faut pas trop t'énerver, je vois sur ton visage le feu de la colère et tu es en train de me tuer à petit feu. Alors, Aamou quand est-ce que tu me le passes ce feu sacré ?
- On verra en cours de notre longue route petit. Allez, lève- toi et continuons notre chemin. Et n'oublie pas d'éteindre le feu derrière toi.
Hamid Dahman



Source de cet article :
http://www.lesoirdalgerie.com/articles/2009/09/10/article.php?sid=88332&cid=34


10/09/2009
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