LASNAMIA

Politiquement négatif .( Le Quotidien d'Oran du 24/10/2017)

 
Politiquement négatif

 

par Hamid Dahmani

 
 
Mais qu'est-ce que tu as à râler comme ça toi l'ingrat ? hurla bruyamment un homme, d'un âge moyen, à son ami qui était attablé avec lui dans un café, alors qu'ils étaient en train de papoter tous les deux sur le bruitage semé par les derniers racontars politiques. Vous êtes là tout le temps à vous plaindre et à ne vomir que du négatif sur la situation économique qui prévaut dans le pays dans ces moments de crise. « Ah ya el ârbi kahl eras ! » (Ha, toi l'Arabe à la tête noire). Vous n'êtes jamais content de votre destin ni du mode de vie paisible et confortable que vous ne trouverez nulle part. Toujours insatisfait et mécontent, même si on vous offrait la lune et les étoiles dans la main, vous ne cesserez jamais de dénigrer l'autre. Reviens à la raison mon frère et regarde à ta droite et à ta gauche comment les autres pays fonctionnent et gouvernent avec plein de rigueur les affaires publiques. Même s'ils sont aussi riches que notre pays, ces pays puissants et émergents avec leur solide économie ne font pas dans le sentiment et ne lâchent rien aux convoiteurs du tout gratuit sans une contrepartie. Pour se loger, se soigner, ou réaliser un projet, il faut d'abord travailler et avoir un revenu régulier pour aspirer à quelque chose, sinon, on devient un SDF. Montre-moi un pays qui a construit autant de logements pour ensuite les céder gratuitement à ses citoyens sur cette planète. Montre-moi, s'il te plaît, un pays qui a raccordé autant de villes et de villages au gaz naturel comme l'Algérie. Indique-moi un pays qui a fait une politique du développement social son cheval de bataille pour l'électrification des villes, villages et des petits hameaux isolés dans les confins du pays. « Et l'autoroute Est-Ouest, qu'est-ce que tu en dis, mon ami ? » A tes yeux, ce n'est pas une fierté pour le pays et une bouée de sauvetage pour les embouteillages et les automobilistes qui, hier, roulaient comme des tortues sur les routes secondaires. Aujourd'hui, tout le monde est content de rouler gratuitement sans lever le pied de la pédale dans le pays de toutes les libertés. « Wareh », où est le citoyen qui n'a pas une carte Chifa pour bénéficier des prestations médicales sans débourser grand-chose ? Et le crédit Ansej, tu l'as oublié ? Tous les jeunes qui ont sollicité des crédits les ont eus et chacun a pu réaliser son rêve. Beaucoup de boîtes de location de voitures ont vu le jour depuis. Des véhicules fourgonnettes ont été livrés à leurs propriétaires pour faire du transport. Les salons de coiffure pour hommes et femmes se sont multipliés. «Hein, et ça, tu ne le savais pas ?» Ce n'est pas un partage équitable de la richesse du pays avec la population «fi bled siyada» ? « Gouli bark erham babek, tu as déjà vu un pays développé et avancé économiquement accorder le bénéfice à la retraite avec un départ anticipé aux moins de cinquante ans ?» Vous ne voyez que du négatif partout. Tu sais, toi le beau parleur, tu parles comme un militant lèche-bottes, et tu m'as bouché tous les coins, lui rétorqua son copain qui l'écoutait parler. 

Tu ne m'as pas laissé le temps de placer un seul mot dans cette discussion indigeste depuis tout à l'heure, répondit ce dernier médusé. Au contraire, moi je pense que cette politique de la distribution de la richesse est mal réfléchie et c'est une arme à double tranchant et à long terme, elle va nous mener droit au mur. Le sens de cet arsenal de décisions politiques engagées vise plutôt l'entretien de la paix sociale au détriment d'un véritable développement économique et social. Dans la langue de bois, on appelle ça « siyassa rachida » du gouvernement. Moi, je pense que toutes ces actions politiques du verbe donner ne sont que du prestige. Offrir tous azimuts l'argent public et sans limite pour faire du populisme n'est pas constructif mais destructeur de l'esprit laborieux. Ce système ne sait faire qu'alimenter la paresse et encourager la manche. Il ne pense qu'à distribuer sans aucune étude sérieuse d'accompagnement des projets entrepris. Les citoyens sont devenus des quémandeurs sans dignité par la force du temps. L'homme doit travailler pour profiter pleinement et honnêtement des biens acquis que s'il les a gagnés par le travail et la sueur de son front. « Cultiver la politique du social sans mesure ou celle de l'économie avec toute sa rigueur ? » Tout le monde observe sur le terrain que cette entreprise est vouée à l'échec, sachant très bien que tout cela sonne faux et sans résultat probant, et à titre d'exemple, tout le monde sait qu'une grande partie des logements sociaux attribués à des personnes qui ne sont pas dans le besoin sont loués à des tierces personnes. Et ça, c'est un secret de polichinelle que tout le monde connaît, « ou zid ou zid… ». Et ce fiasco, tu ne l'as pas vu toi ? 


24/10/2017
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