LASNAMIA

Quand l'écriture se terre dans l'ombre des méssageries éléctroniques.( Le Soir d’Algérie)



Voxpopuli : CHRONIQUE DE CHLEF
Quand l'écriture se terre dans l'ombre des messageries électroniques


Une lettre familière, parfumée d'une senteur florale, m'est parvenue hier matin de bonheur et que j'ai croisée par terre, sur le seuil de la porte de ma demeure. Elle a été glissée furtivement par la main de mon facteur au moment de sa tournée ordinaire.
Un courrier qui m'a fait plaisir et donné le sourire à l'instant même où j'ai découvert l'adresse de son expéditeur. Des nouvelles fraîches rédigées par la main amicale de mon vieil ami Dadi que j'ai perdu de vue, et qui, depuis, avait disparu sans laisser de trace avec l'oubli du temps. Une lettre postée pour me rappeler qu'il était une fois la plume et la lettre rassemblée comme c'était autrefois. Un ami négligé avec le temps et des nouvelles coupées pendant un long moment et puis, enfin, l'espoir qui resurgit avec une belle lettre manuscrite joliment illustrée et affranchie avec de jolis timbres postaux oblitérée d'une belle empreinte noire avec une date et une flamme qui témoignent sur un long voyage. Ah ! Quelle joie ! Pour moi. Mon cœur a flambé plus d'une fois à la vue de cette missive écrite de la main d'un ami qui décrit l'histoire nostalgique d'un passé riche en courrier postal, mais qui s'est amenuisé passablement au fil du temps et que je déplore beaucoup maintenant. Les temps et le monde sont devenus sournois. Ils ont abîmé subitement une culture millénaire de tous leurs poids. Le courrier de la belle époque studieuse a perdu sa voie. Une enveloppe fragile qui a cheminé dans un sac postal et qui est venue réveiller mes vieux souvenirs d'époque de la bonne école et qui avait cessé depuis un long moment de nourrir ma passion pour la plume. Le courrier a changé d'itinéraire, il est la proie de la paresse et de la technologie destructrice. La lettre se languit et gémit dans son coin méprisée par l'ingratitude des mœurs et endommagée par l'allure du temps. L'écriture n'est plus téméraire. Elle a perdu ses phrases et elle se terre dans l'ombre des messageries électroniques. Mon ami d'enfance a pris certainement du plaisir agréable pour écrire quelques lignes pour me demander comment je me porte avec le changement du temps. Une douce pensée au passé qui nous manque au présent. Petits soucis mêlés à une inquiétude sur le temps qui court et les traditions qui s'égarent. J'ai senti que mon ami Dadi était très mélancolique à cause des bonnes manières qui s'effacent lentement. Le courrier abrégé a pris déjà le devant. Dadi n'est plus content comme autrefois. Il est temps de plier la lettre et de la mettre dans son enveloppe et la glisser dans la boîte aux lettres. Ces quelques lignes sont dédiées en hommage à un ami l'écrivain public qui était installé avec sa table et sa machine de travail sur le trottoir en face à l'immeuble le Progrès au centre-ville de Chlef et qui nous a quittés en silence cette année. (Qu'il repose en paix).
Hamid Dahmani



Source de cet article :
http://www.lesoirdalgerie.com/articles/2012/01/08/article.php?sid=128382&cid=49


07/01/2012
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