LASNAMIA

SAWT EL-DJAZAIR.( Le Soir d’Algérie)



Vox populi : HUMEUR DE CHLEF
Sawt El-Djazaïr


En 1956, mon père avait acheté une très belle radio TSF de marque Schneider chez Mahieddine, le vendeur attitré de la marque dans la ville d'Orléansville (El-Asnam). Une belle radio en teck. Meublée et agrémentée d'une jolie façade en raphia avec de beaux petits boutons de réglage dorés. C'était la pleine révolution contre l'occupant français. L'Algérie était en effervescence partout à l'intérieur et à l'extérieur des villes. La guerre en Algérie faisait rage et avait déjà 3 ans d'existence.
Alors, le soir, la nuit tombée, mon père, ma mère mes sœurs et mes tantes, qui habitions une grande maison commune, étions tous rassemblés et regroupés dans cette petite chambre très étroite, devant le poste radio allumé et qui brillait de toutes ses belles lumières vertes et jaunes dans le noir de l'obscurité. Nous étions tous tendus et l'oreille attentive à l'écoute des dernières nouvelles. Un volume de sonorité très réduit, par peur d'être entendu par les patrouilles militaires qui faisaient la ronde dehors dans les ruelles de la banlieue de la Bocca Sahnoun. Dans l'attente du début de l'émission Sawt el-Djazaïr. Sawt El-Djazaïr, c'était la voix de l'Algérie qui nous parvenait à travers cette radio et qui était animée par le journaliste et moudjahid, le regretté Aïssa Messaoudi avec sa voix sublime. C'était une voix engagée pour la liberté de l'Algérie. Cette voix qui interpellait le monde, dénonçait les atrocités commises par l'armée française et appelait à la continuité du combat contre l'occupant. C'était aussi la voix du peuple et du combat politique pour l'indépendance du pays. On aimait bien écouter cette voix chaleureuse du mouvement révolutionnaire qui nous parvenait des pays frères. On était enthousiasmés et accrochés pendant ces brefs instants à cette radio qui diffusait sur ses ondes une voix rebelle, laquelle refusait la soumission et était souvent parasitée au moment de sa diffusion. Une voix militante qui nous guidait et qui disait ; illa-el-amem, ya djebhet etahrir, edhroubou el-aâdou fi kouli meken. Fe souhoul, fel djibel, fi kouli meken, hata tahia el-djezaïr. Allah wakbar ! (En avant, ô Front de libération, frappez l'ennemi partout. Dans les plaines, dans les montagnes, partout, pour que vive l'Algérie. Dieu est grand !) Et pour nous divertir, après ces moments de mobilisation et d'émotion, il y avait les pièces radiophoniques, (riwayates) policières et comiques d'antan, qui nous gardaient éveillés. Il y avait aussi les soirées musicales avec les chanteurs de talent qui animaient notre quotidien. 50 ans déjà et cette vieille radio qui a grandi et pris de l'âge avec nous demeure intacte et pleine de souvenirs de notre enfance !
Hamid Dahmani



Source de cet article :
http://www.lesoirdalgerie.com/articles/2010/03/03/article.php?sid=96510&cid=34


03/03/2010
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