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Atef Naas Arabat ou la passion de la BD



Culture : PORTRAIT
Atef Naas Arabat ou la passion de la BD


C'est à la faveur d'une exposition sur les arts plastiques au niveau du musée régional de Chlef que nous avons eu l'occasion de découvrir cette valeur montante de la BD algérienne.
Cet étudiant en médecine qui se destine à l'oncologie a été classé 3e au festival de le BD qui s'est tenu en 2009 à Riadh El-Feth, à Alger. Cet art reste un peu marginalisé par les responsables de la culture malgré le nombre impressionnant de bons dessinateurs qui résident dans cette wilaya. Il n'en demeure pas moins que notre artiste ne baisse point les bras et même fait tout son possible pour sensibiliser les jeunes à cette activité. Il travaille d'arrache- pied pour publier une BD à l'étranger faute de sponsors en Algérie. Sans être iconoclaste, les jeunes talents doivent être aidés et rassurés. La passion de Atef Naas Arabat est née des films mangas qui sont programmés par la télévision. Une sorte de rémanence se produit dans l'esprit de l'adolescent qui essaye de reproduire ces dessins qui le subjuguent. Cette activité devient son passe-temps favori en plus des sons de sa guitare électrique qui accompagnent des morceaux de rock. Ayant constaté des prédispositions chez ce médecin, l'entourage familial ne cesse de l'encourager à produire des dessins avec son esprit imaginatif. Sa connaissance parfaite de l'outil informatique lui a permis de s'inscrire dans un forum et par là même entrer en contact avec d'autres internautes qui partagent la même passion. Son admiration pour l'infographie lui a permis de créer ses propres personnages aidé en cela par les conseils éclairés de ses cyber amis. Son style se rapproche des mangas et porte le cachet d'une nouvelle génération de bédéistes qui peinent à sortir de l'anonymat, à l'instar de Natsu, le créateur de Degga. A l'aide de ce support humoristique, Atef aborde des sujets très sérieux sur la vie sociale en milieu estudiantin. Son meilleur souvenir reste incontestablement sa participation au 3e Fibda (Festival international de la bande dessinée à Alger). En présentant sa BD Les incorrigibles, il obtient le 3e prix. C'est à ce moment qu'il atteint sa vitesse de croisière. Cette BD récompensée est l'idée de son ami Chedag Rafik et le scénario a été élaboré par Mlle Isma Othmane. Il nous avoue qu'il a une grande admiration pour Dilem et Slim dont le coup de crayon incisif et percutant permet de dire tout haut ce que d'autres murmurent tout bas. Actuellement, son activité artistique se traduit par une étroite collaboration avec Laabstore, le premier magazine de BD et de jeux vidéo en Algérie. Ce travail a commencé par des caricatures mais maintenant il envoie des planches ce qui constitue une émulation non négligeable contre l'ostracisme sidérant dont sont victimes tous les artistes dans tous les domaines. Les initiatives pour aider ces derniers se réduisent comme peau de chagrin. C'est ce que dénonce le Dr Atef qui malgré une brillante 3e place au Fibda n'a pas été retenu pour aller au festival d'Angoulême. Il note l’absence d'aide des responsables culturels car il faut toute une logistique pour pouvoir s'adonner à ce bel art. Le prix des produits n'est pas à la portée d'un quidam. Il pense qu'une association forte est à même d'éviter la déperdition de véritables talents, perçue comme une «atteinte» à notre patrimoine culturel.
Medjdoub Ali





Source de cet article :
http://www.lesoirdalgerie.com/articles/2011/01/06/article.php?sid=110953&cid=16


30/01/2011
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