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Depuis longtemps -Le Quotidien d'Oran du 10/11/2019

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Depuis longtemps
 

par Hamid Dahmani

 

Toutes les histoires politiques connues qui se sont succédé sur ce territoire soumis aux pires injustices se sont terminées tristement. Depuis autrefois,«men bekri», on raconte que les poltrons se cachent dans leurs coins, à l'abri des grands mouvements populaires, en attendant tranquillement que les nuages se dissipent, pour sortir au grand jour et se montrer comme de braves résistants pour cueillir les belles victoires.

Et depuis toujours, les véritables hommes, ainsi que les femmes vaillantes qui les accompagnent, ont toujours affronté les grands défis et les basses injustices frontalement comme des héros, sans demander une contrepartie un jour. «Men bekri», les médiocres qui ont prospéré depuis toujours dans des partis politiques aux ordres, ont fermé les portes aux plus éclairés de cette nation, parce qu'ils ne les ont jamais portés dans le cœur. Les cadres compétents et intelligents qui aiment la lumière ont été tout simplement ignorés ou poussés à l'exil. Tout le monde sait que «men bekri», les dirigeants de ce système se sont mis dès les premières heures de l'indépendance, à éliminer leurs opposants d'une manière funeste pour les effacer de la course politique. «Men bekri», on nous rabâche que notre pays est le meilleur du monde dans le vivre ensemble, et que le choix du peuple est une décision sacrée et irréversible dans les moments de consultations. Mais en vérité, quand les élections sont là, c'est toujours celui qui est le plus honni et le plus pourri qui est élu par la fraude. Cela fait des décennies que ce beau pays est indépendant, et ses dirigeants qui nous ont spoliés, se sont toujours soignés aux frais de la république, là-bas en Occident. Quant au peuple malade de ce pays, c'est toujours dans les hôpitaux publics qu'il continue à se soigner, dans ces infrastructures hospitalières devenus au fil du temps des mouroirs nationaux. «Men bekri hak !», et la légitimité historique prônée par ce système politique prime sur les capacités intellectuelles, les diplômes universitaires et l'intelligence des hommes brillants.

Ce n'est pas pour demain la fin de la bureaucratie tuante, ni celle de la corruption, car cette volonté n'est pas à l'ordre du jour dans les esprits tordus. Depuis que ce peuple a connu son indépendance, le pays a toujours été fermé sans aucune transparence. Il est interdit de se réveiller, de créer, et de connaître sans l'autorisation des «grands frères». Aux pays des grandes pénuries, après celles de l'oignon, du lait, de l'ail, des imprimés, des billets de banque, de l'internet, voila que le bonheur et la liberté de circuler font parties de l'inventaire de l'interdit.

«Men bekri hakka», et le peuple se demande toujours où va l'Algérie ? Mais personne ne sait ou s'arrêtera la bêtise humaine. A chaque rendez-vous avec l'histoire, on se dit dans la tête, peut-être, que cette fois-ci, ce sera la bonne, et que ce ne sera plus comme bekri ?! Mais, c'est toujours les mêmes illusions qui reviennent nous gifler à chaque fois. «Men bekri», ce peuple a perdu tout espoir de retrouver un jour sa liberté, parce que les grands frères sont très vigilants, et ils veillent au grain. Cheb Bilal, lui aussi, en connaît quelque chose sur «bekri», c'est pour cela qu'il a chanté «Ya men bekri dayer hakka men bekri…»


10/11/2019
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