LASNAMIA

La rue des frères Chaieb Eddour( Le Chelif du 10/2/2016)

Une rue une histoire

 

 

La rue des frères Chaieb Eddour

 

Les frères Chaieb Eddour sont de vaillants martyrs tombés au champ d’honneur pour que vive l’Algérie libre et souveraine. Ces trois frères d’armes et frères par le lien familial- sont nés à dans la commune de Medjadja, dans la wilaya de Chlef. Ils ont répondu à l’appel de 1954 et ont rejoint les rangs de l’armée de libération (ALN) dans la zone 4, dès les premières heures du déclenchement de la révolution armée.

Mohamed est né à Ouled Farès en 1918, il est tombé en martyr le 26 avril 1957. M’hamed est né en 1922 à Medjadja, il est tombé au champ d’honneur le 13 décembre 1957. Ahmed est né en 1933 à Medjadja, il est tombé les armes à la main en 1961. Une rue aujourd’hui porte le nom de ces trois valeureux chouhadas dans le centre-ville de Chlef. Cette rue se trouve entre la rue du chahid Abbad Ahmed et la Rue du chahid Dahnane Abdelkader.

Pendant l’époque coloniale, en 1843, cette rue s’appelait rue de Constantine. Ensuite, avec l’extension de la ville, elle deviendra rue des frères Sogno jusqu’en 1962 date de l’indépendance de l’Algérie où elle prendra le nom de rue des frères Chaieb Eddour. Cette voie va du Nord au Sud de la vile de Chlef. Elle démarre du boulevard de l’ALN pour finir au Boulevard Abdelhamid Benbadis. Ici, les traces et les repères du passé sont toujours visibles. L’école maternelle et le souvenir des vielles photos de classes en noir et blanc nous replongent dans le passé, toujours vivace, des anciens qui ont fait ce chemin jadis pour apprendre les rudiments de la vie.

Sur ce même parcours il y avait les locaux de l’ONCV et du hammam des Saiah. En coupant la rue Mokrani, il y a le souvenir de la fabrique de confiserie «Halouedji», ap-partenant à la famille Boulefred, dont les bonbons dégageaient des arômes alléchants dans le quartier.

En remontant et en traversant la Rue Ibn Rochd, on trouve le café populaire d’Abdelkader Fedlaoui dont la belle terrasse ombragée est animée les «ouled-bled» qui s’y donnent rendez-vous chaque matin. Ce café est un lieu de convivialité et de retrouvailles entre amis du cru et dont les discussions pertinentes portent sur la vie politique, culturelle et la vie artistique à Chlef. C’est l’endroit idéal pour se replonger, quelques brefs instants, dans le vieux temps. On se re-mémore des anciens de l’ASO, de Fedlaoui et ses coéquipiers. On converse aussi sur les rencontres phares de cette époque où l’ASO était constituée de Medadi, Zairi, Djelli, Maimoun, Abdelmeraim, Messabih, Fed-laoui, Feknous, Fedlaoui, Mahieddine, Gribi et tous ces joueurs qui ont fait notre bonheur au stade Maamar Sahli. Plus loin, aux environs immédiats de la rue des Martyrs, on se rappelle du prestigieux restaurant «Isly» dont la qualité de service et les plats savoureux attiraient une clientèle fidèle, heureuse de déjeuner ou diner autour d’une bonne table sous l’œil vigilant du gérant Djebbouri et du chanteur populaire des «Blaser’s» Addad Mohamed dit «Johnny». Aujourd’hui c’est l’agence d’Air Algérie qui occupe cet endroit chargé de souvenirs inoubliables. Sur le trottoir opposé c’était le superbe bâtiment des services de l’hydraulique qui nous rappelle au bon souvenir des anciens employés qui ont servi dans cette institution du temps de Moulfi Mahfoudh, Ouadah M’hamed, Abboud M’hamed, Djilali Bou-mezrag, Benbouali Abdelkader et Zoubir… En traversant la rue des Martyrs, on ne peut continuer notre visite sans évoquer l’image de la boucherie du sympathique «Haiden» derrière son présentoir à viande et ses plaisantes taquineries. Plus haut, c’était la bou-tique de la SONIPEC qui avait remplacé la défunte boite «Bata» laquelle était domiciliée rue des Martyrs. En franchissant la rue Emir Abdelkader, et au bout de la rue des frères Chaieb Eddour, on se remémore de l’ancien commissariat de police qui exista ici avant le tremblement de terre de 1980 et qui fermait cette rue paisible. Pour clore ce tour d’horizon nostalgique de cette rue centrale plus que centenaire qui s’est beaucoup

transformée à la suite des bouleversements qu’a connue la ville, en coupant le boulevard Abdelhamid Benbadis, juste en face il y a le mur du restaurant universitaire qui prolonge la façade de la medersa El-Khaldounia dont les portes sont fermées depuis des lustres sans cause apparente. La medersa El-Khaldounia est un lieu du savoir qui avait ouvert ses portes en 1947 pour dispenser des cours d’arabe et religieux sous la direction de son regretté directeur Cheikh Boudali. Cette école a formé des générations d’apprenants imprégnées par le militantisme et la défense des idéaux de la cause nationale.

La complexité bureaucratique survenue après n’a pas tenu compte de l’importance de cet édifice, symbole de notre lutte pour l’indépendance et la défense de nos valeurs civilisationnelles. Si au moins on s’était penché sur sa réhabilitation.

 

Hamid Dahmani

 



13/02/2016
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