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le dahra ensorcelé par la beauté de Zohra.( Le Chelif du 07/10/2015)

 

le Dahra ensorcelé par la beauté de Zohra

 

Le Dahra est une région de l’Algérie que se partagent plusieurs wilayas du nord-ouest du pays. La commune du Dahra se situe dans la wilaya de Chlef. Le Dahra est une région réputée pour l’intense activité agricole qui s’y déroule et surtout la qualité des fruits et légumes produits sur ses monts et ses coteaux. En arabe dialectal, Dahra qui veut dire dos (dh’har) ; la région est en-trée dans l’histoire de la conquête de l’Al-gérie en 1830 avec l’épisode des «enfumades» de 1845 de la tribu des «Ouled Riah» et des «Sbaïh». C’est ici que s’est exprimée toute la cruauté des officiers français qui ont ordonné à leurs soldats de massacrer sans distinction femmes, enfants et vieillards qui s’étaient réfugiées dans des grottes pour échapper à leurs bourreaux. Le sinistre colonel Pélissier est l’auteur d’un crime horrible que l’humanité n’est pas près d’oublier. Sur ses ordres, le feu est mis à l’entrée des grottes et la fumée finit par asphyxier des centaines d’innocents.

Le village du Dahra est également célè-bre par une vieille citation populaire qui a fait son chemin depuis le temps et qui re-monte à une époque assez lointaine. On ra-conte qu’il avait une fois une belle jeune femme qui se prénommait Zohra qui habi-

tait ce paisible village. Un jour, elle décida de se rendre chez une parente éloignée qui habitait dans un autre village pour passer quelques jours chez elle. Zohra était une jeune fille célibataire dégageant un charme et une beauté qui attirait l’attention des hommes ; sa grâce et son élégance envoû-tait tout le monde lorsqu’elle se promenait dans le village. On raconte que, chaque jour qui passe, des jeunes gens venaient frapper

à la porte de sa maison en inventant des prétextes invraisemblables pour justifier leur visite. En réalité, c’était juste pour échanger un sourire avec la belle Zohra. Et c’était toujours la même rengaine des visi-teurs : «Djit medehahra n’chouf Zohra!». (Je viens du village du Dahra et je suis chargé d’une commission pour Zohra), di-saient tous les soupirants qui frappaient à la porte de la demeure. Autant dire que tous

les hommes du Dahra étaient envoûtés par Zohra. Tout ce va-et-vient du côté de la maison n’est pas passé inaperçu et les ba-vardages allaient bon train et avaient dépas-sés les limites du quartier et du village. Excédé, le maitre de céans qui a eu vent de ce mouvement à sa porte est rentré chez lui un soir fou de colère. Il s’en est pris à sa femme avec brutalité en lui disant : «Bar-kani ya m’ra mel hadra !» (J’en ai assez des ragots, femme, et tous ces gens qui vien-nent frapper à ma porte, ce n’est pas pour faire le tour du propriétaire !» «Mechi ghi lidji me dahra igoule ana khal zohra !». (Après tout, ce n’est pas n’importe qui ar-rive du Dahra peut prétendre qu’il est l’on-cle de Zohra). Une mémoire captivante avec deux souvenirs datant d’une même époque. Le premier nous renseigne sur la sauvagerie, aveugle et cruelle, de prétendus civilisateurs. Le second nous apprend la ri-chesse des dictons et proverbes de notre ter-roir. Les gens, aujourd’hui, emploient cette citation devenue populaire au fil du temps à l’adresse de personnes animées par l’op-portunisme et qui veulent s’introduire dans des cercles restreints sans en avoir les qua-

lités requises.

 

Hamid Dahmani

 



16/10/2015
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