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Les mauvaises langues. ( Le Quotidien d'Oran du 15/09/2019)

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Les mauvaises langues

 

 

par Hamid Dahmani

 

On dit souvent qu'il faut un peu de tout pour faire un joli monde. Aussi, en parlant de «beau monde», il y a des gens insensibles, sans esprit et sans cœur dans cette contrée en proie à l'injustice et le mépris, qui ne sont pas très solidaires, ni satisfaits de la réaction de la société civile qui réagit à travers des marches pacifiques pour se faire entendre par les décideurs d'un autre temps. Pareil à cette espèce inique, il n'y en a pas sur cette terre. Des gens qui prolifèrent. Quoique les revendications du mouvement soient légitimes et vitales pour la survie de notre société, ces énergumènes boudent les marches et les critiquent gratuitement dans les cafés, dans la rue ou dans les souks. «Tu sais, les marcheurs sont en train de se casser la tête pour rien !». «Ces manifs mèneront le mouvement et le pays dans une impasse, et le système ne bougera pas, et il n'y aura pas de changement», prédisent les porte-malheurs.

Des présages déplorables lâchés par de mauvaises langues qui ne souhaitent pas du bien aux marcheurs. Mais tant qu'il y aura des hommes sur cette terre, qui est notre seule patrie, il reste une petite lueur d'espoir pour cette jeunesse qui agit avec jalousie pour son pays. Casser du sucre sur le dos des gens ou du «hirak», est un acte mesquin des larbins. Le vivre-ensemble, la mobilisation, la solidarité et le bien- être sont le dernier souci de ces âmes hostiles au changement. Ce sont de fervents admirateurs des puissants tyrans. Rien ne les intéresse dans la politique du pays, même si le pillage des deniers publics crève les yeux et nous rend fous. Ces mecs se désintéressent éperdument du devenir de la patrie, pourvu qu'ils restent tranquilles dans leurs coins à causer de parties de football et de match derby, sans faire un seul pas pour la cause du «hirak». Ils n'apportent rien de concret ni de soutien dans leurs discussions au mouvement citoyen. Un mélange de gueulards hantés par le sentiment de dénigrement à cause des idées saugrenues qui les habitent. Ces résignés, nés sous la mauvaise étoile sont des négatifs et des individualistes qui sèment des propos pour casser le soulèvement populaire.

Ils vivent et ils s'étouffent avec leurs idées noires au milieu de la société. Dans ces moments de péril de la république et de réveil populaire, les rabat-joie sont parmi nous, ils nous observent, ils s'interrogent et ne marchent pas pour la liberté avec nous, parce qu'ils ne sont pas tellement convaincus de notre action politique mains propres pour faire dégager les corrompus. Ces gueulards ne sont pas très optimistes sur la finalité du mouvement que le peuple a engagé pour se libérer du joug des bandits de la république. Ces rabat-joie font des vœux sinistres. Ils charrient le mouvement, et jurent que les marcheurs vont se casser les dents, et que la situation politique va demeurer comme par le passé. Ce sont des passifs qui ne veulent pas agir ni se mobiliser aux côtés de la révolution populaire pour apporter le changement voulu. Ils jugent hypocritement l'action du «hirak» et lui prédisent une fin de non recevoir avec un cuisant échec. Pourtant, ils vivent au milieu de la société et du peuple, mais ne montrent pas leur solidarité avec le mouvement populaire qui veut tout simplement leur rendre la dignité perdue avec le système.





15/09/2019
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