LASNAMIA

L’Esplanade de la Solidarité( Le Chelif du 30/3/2016)

Une rue une histoire

 

L’Esplanade de la Solidarité

 

«L’Esplanade de la Solidarité» est un mémorial contre l’oubli. L’aménagement de cette place dans le centre ville, à l’endroit où se trouvait l’ex-Monoprix) est un hommage au mouvement de solidarité nationale et internationale apporté aux victimes du tremblement de terre de la ville d’El Asnam.

C’est en 1843 qu’est fondée par Bugeaud la cité d’Orléansville sur les décombres d’El Asnam. El-Asnam, c’est aussi vieux que les vestiges romains de Castellum Tingitanum dans la fabuleuse histoire de notre cité. Jadis, il existait en plein cœur de la ville un vaste espace très animée appelé «Place du marché.» Cette grande place était partagée entre le grand marché couvert et le kiosque de la ville. Cet espace se trouvait sur l’emplacement actuel de «l’Esplanade de la Solidarité», près de l’hôtel El Wanchariss, propriété de M. Tazgait. C’était un superbe marché construit en bois et couvert par des tuiles rouges. Cet édifice public avait une grande entrée avec une énorme horloge fixée au dessus de la porte. Ses façades étaient couvertes de marques publicitaires de l’époque.

Les marchands d’épices avec leurs couffins avaient aussi leur place devant l’entrée de ce marché. Les vieilles cartes postales en noir et blanc de cette date témoignent de cette activité et de l’animation qui régnait autour de ce marché qui était un lieu incontournable pour la population pour leurs besoins quotidien de la vie. En face du marché il y avait aussi le magnifique kiosque circulaire de la ville. Le kiosque à musique était destiné au divertissement de la population européenne pour faire la fête durant les jours de réjouissances et les weekends. Il accueillait également des spectacles (concerts, danses et chants) de jour comme de nuit.

Dans les années 1910, cette place change de nom et devient «Place Paul Robert» en hommage au maire de l’époque mort au cours d’un duel au pistolet face à son adversaire André Houbet dans les environs d’Alger le 7 avril 1910. Il faut le rappeler qu’a cette date, les affrontements par duel avec arme à feu ou arme blanche étaient très courant dans le pays. Et pour un oui ou pour un non, on se provoquait en duel.

Après le tremblement de terre survenu le 9 septembre 1954, la place est rasée pour le besoin de construction d’un ensemble immobilier fait d’habitations et de commerces. Le marché couvert et le kiosque sont démolis.

Le «Centre Commercial Saint Reparatus», du nom de la plus vieille église d’Afrique, est construit sur ce site, il verra le jour dans les années 1960, avant l’indépendance du pays. Après l’indépendance, le «Centre Commercial Saint Reparatus» est rebaptisé de «Cité Nasr.» L’année 1980 sera fatale pour la ville d’El Asnam qui fut détruite par un terrible tremblement de terre. Le patrimoine urbain de la ville est détruit à 80%. La ville est rasée et on compte plusieurs milliers de victimes. Sous les décombres de la «Cité Nasr» qui a payé le prix fort durant la catastrophe surgit quelques années après l’esplanade de la Solidarité.

Des années ont passé depuis et cela fait plus de cinq ans que des travaux de rajeunissement ont été décidés pour lui redonner un nouveau look. Le chantier perdure et, jusqu'à ce jour, les travaux vont «douga-douga», à l’allure d’une tortue estropiée d’une patte. Quant on fait le parallèle entre l’immense cité «Saint Reparatus», qui fut construite en à peine cinq ans, et les travaux pour donner seulement un coup de jeune à l’esplanade de la Solidarité, on mesure combien est différente l’appréciation du temps. La place est devenue un espace pour pas perdus mais aussi pour toutes activités sordides. On n’est pas encore sorti du marasme…

 

Hamid Dahmani

 



03/04/2016
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