LASNAMIA

« Levez les enveloppes en l’air et déposer les timbres par terre ! »

        

 

                      

«  Levez les  enveloppes en l'air et déposer les timbres par terre ! »

 

 

 

C'était une journée orageuse à ne pas mettre un pauvre facteur dehors ce jour de fête là, au salon philatélique de la ville postière de makachelestimbres. Une triste et longue journée monotone ou l'absence des visiteurs a brillée sur les lieux envahis par les collectionneurs qui ont dévoilés le riche patrimoine de la philatélie exposé à l'occasion de cet événement qui a rassemblé une partie des philatélistes du pays.

Le hall du salon ou étaient dressés les longues colonnes de panneaux cote à cote, était agrémenté par de riches et belles collections postales exposées pour la circonstance. L'endroit était mal éclairé et couvert par une faible lumière et animé par un air de musique postal pour accompagner cette journée d'expo organisée sous le slogan de « koul Outla Fiha Kheir » (tout retard à ses bienfaits). Et comme à chaque rencontre coutumiére dans ces salons de la philatélie, chacun vaguait à ses occupations postales devant ses panneaux timbrés. Echanges et ventes ce premier jour battaient son plein. Les quelques visiteurs présents admirés silencieusement les thématiques présentées.  Les  rares amateurs de ce loisir se compter sur les bouts du doigts en cet après midi hivernale. La plus part des philatélistes étaient rassemblés autour d'une grande table de décharge remplie de planches de timbres et d'enveloppes illustrées qui passaient de main en main et qui se négociaient dans un grand brouhaha de chineurs de souk  . Quand soudain la porte d'entrée principale de la salle d'expo s'ouvre brusquement sur une bande de w'Hid cagoulée tenant à la main des albums bien chargés et pointés sur les visiteurs et les philatélistes présents. Le chef de cette bande transparente, cria sourdement au milieu de la salle à notre attention ; levez les enveloppes en l'air et déposer les timbres par terre ! Si vous tenez à la philatélie précaire !tout le monde s'exécuta, et déchargea son album et le jeta au pied des panneaux. Le sol était couvert d'album et de timbres éparpilles mêlé a des cartes maximums en couleurs. La personne qui semblait être le chef  s'avança tout prés des panneaux suivis de ses acolytes ils se penchèrent et ramassèrent le précieux butin. Ils étaient moches et pas beaux à voir surtout leur chef qui avait une bouche non dentelée. Les autres n'avaient rien a envier à leur chef ils avaient tous une tête-bêche oblitérée. D'une voix grave il ordonna aux exposants de faire un pas en arrière avec les mains se tenant  aux dos et chacun devant son panneau. Ensuite sur un ton sévère de vieux postier, il nous a prévenu ; si quelqu'un essaye de jouer au plus malin ; je lui perfore la peau des timbres !et je lui signe son document  FDC Lança  t'il. Et puis il s'avança tout prés de Bouya  et avec petit sourire au coin daté de la bouche. Il lui dit ;  Ou sont les autres? S'adressant à Bouya en le fixant bien dans les yeux avec sa loupe optique. Bouya lui répondit ; de qui parlez-vous ? De vos vieux émis ! Lui dit il. Mais je n'ai pas de vieux amis ici! Ils sont tous à Mascara, je vous le jure ! Supplia Bouya tout en tremblant. Ne fait pas le malin toi le Maaskri, sinon ! Je te fais ta fête et ton expo ! Le bandit brandi alors son album en l'air chargé de timbres oblitérés et non oblitérés qu'il pointa sur la tempe de Bouya ,qu'il menaça avec de le vider dans sa boite postale s'il n'avouait pas ou il cachait le fameux 1+9. Bouya, sous le coup de la surprise était silencieux et muet comme une carte philatélique. Voyant alors, que Bouya ne voulait pas parler et faisait la forte tête. Alors, le bandit pris dans un coup de colère et fou de rage et d'un geste prompt  fit surgir de sa poche comme une flamme, un timbre à date jaillit dans le poing droit de celui ci qu'il apposa lourdement sur le front de Bouya qui tomba raide à la renverse assommé par l'empreinte « premier jour » affichée sur le front.

Manel qui était juste a coté, se précipita rapidement pour aider son ami à se relever et lui apporter les premiers soins. Bouya était toujours étendu sur le sol sonné et gommé par le coup du tampon.

Le chef de bande était toujours là debout et il éternuait avec répétition, et son nez coulait, il semblait être enrhumé. Il prit alors, sur la table une pleine poignée de timbres qu'il se moucha avec et qu'il jeta  ensuite aux pieds du pauvre Bouya.

S'adressant à Manel qui était accroupis a coté de Bouya il lui dit ; toi, je te connais ! J'ai vu ta tête quelques parts ? Mais je ne sais pas ou ? dit il avec une mine qui en disait long.

Intervenant un autre bandit s'écria ; ça y'est chef, je me rappelle il a toute une bibliothèque de timbres sur Internet celui là. Il est plein de timbres sûrement !

Montre-moi cette rareté ! Ordonna le chef à Manel. Je te jure chef, que je ne l'ai pas ramené avec moi et qu'il est avec mes autres timbres à Oran. Jura sur ses timbres Manel.

Convaincu, mais décidé quand même à ne pas repartir bredouille de cette fête du timbre, blech quoi qu'il soit le chef de bande se dirigea ensuite a l'extrémité des panneaux toujours accompagné de ses compères et là il se trouva en face de deux autres philatélistes, Phil et son ami Tonton premier qui étaient assis au bout de la chaîne et qui regardaient la scène dramatique qui se déroulait devant leurs yeux et a laquelle était confronté le malchanceux Bouya.

C'est lui ! Chef ! Je le reconnais ! Cria  un autre bandit en désignant du doigt, Phil. Il en connaît beaucoup de choses celui là  sur le 1+9 , et meme tout le Congo avecet son fleuve qui le traverse. Tu sais chef, ils sont bizarres ces deux là lorsqu'ils parlent du 1+9 ensemble. Et je l'avoue je ne comprend que dalle sur tout ce qu'ils disent a propos du 1+9, surtout lorsque il parle de variété, de drapeau ,de fleuve avec son Congo et de croissant décalé, de perles…etc. c'est vrai qu'ils sont un peu maboul ces collectionneurs ! . ils cherchent des poux dans la tete du timbre ! .Le chef interrompit son ami et tendit la main ouverte en direction de Phil et lui dit ; aboule la marchandise ! Si tu ne veux pas goûter au timbre a date ? Phil marqua un temps d'arrêt avant de s'exécuter. Il  prit dans sa sacoche une petite enveloppe qu'il ouvrit nerveusement et retira à l'aide d'une pince le timbre verdoyant du 8eme anniversaire de la révolution, appelé aussi 1+9. Le chef de bande tout content le pris entre les doigts et le montra à ses amis qui se bousculer pour le voir de prés.   Ensuite il le glissa soigneusement  au milieu de sa carte d'identité et héla ses compagnons de la main, les invitant à le suivre dehors.

Sitôt la bande W'Hid sortie de la salle, tout le monde se précipita au chevet de Bouya qui était toujours allongé sur le sol quelque peu sonné , mais bien réveillé. Gentleman, tonton, et les autres étaient tous courbaient sur le corps de leur ami couché pour l'assister et le réconforter après cette terrible agression.

Timidement Bouya, dit à Phil d'une voix fragile et secouée : il faut pas te faire trop de bile et de peine pour le 1+9 khouya. Et après tout ce n'est qu'un timbre-poste. Et comme on dit, un de perdu , neuf de retrouvés. Inchallah !

Phil, fixa son ami des yeux longuement avec un petit sourire, et lui dit ; Bouya, ne t'en fait pas ! Wah ! « Wedjehek –Khir ».tu vaux plus !

                

ADEL



21/01/2011
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