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Rue du martyr Azzoune

Rue du martyr Azzoune

 

L’adjudant Abdelkader Azzoune est un de ces milliers de combattants courageux tombés au champ d’honneur pour que vive l’Algérie indépendante. Aujourd’hui, une rue en plein cœur de la ville de Chlef porte son nom qui demeurera à jamais gravé dans la mémoire collective.

Cette voie s’étend sur environ 800 m de long, elle se situe dans la direction nord-sud de la ville et est entourée par deux grandes rues : la rue des Martyrs et la rue Emir Abdelkader.

Cette artère s’appelait autrefois «Rue d’Illens», elle porta ce nom jusqu'en 1962. La rue démarre du croisement avec l’ave-nue de l’Indépendance, en face de l’entrée principale de la vieille mosquée pour aboutir à la rue de la résistance. Une rue animée par la vivacité commerciale des petites épiceries, des merceries et des cafés populaires.

L’histoire de cette rue nous fait voyager dans le temps à travers ses immeubles de type colo-nial d’époque qui remontent à la fondation

d’Orléansville en 1843. Le principal repère de cette charmante rue est, sans équivoque, la mosquée antique de la ville édifiée dans les an-nées 1880. Cette mosquée sublime dans le passé était un chef-d’œuvre de l’architecture mauresque comme en témoignent les vieilles cartes postales ont figé pour le souvenir, il y a

plus d’un siècle, ce lieu de culte dans tous ses éclats. Une mosquée éblouis-sante avec ses voutes et ses arcades et son superbe minaret qui dominait le centre de la cité. Un admirable monu-ment qui, hélas, tombera avec le trem-blement de terre de 1954. Reconstruite après 1954 dans un autre style plus mo-derne, elle s’écroulera à moitié en 1980 et sera restaurée après le terrible séisme qui frappa la ville.

Cet itinéraire était aussi celui des spectacles parce qu’il y avait deux salles de cinéma au bout de la petite rue (le cinéma Dahra, ex-Club, et le cinéma

El-Djamel ex-Orléans). Deux salles de spectacles dont les projections nous ont pas-sionnés et accompagnés durant notre jeunesse. On se remémore encore nos veillées et nos ma-tinées à l’intérieur de ces monuments dédiés au septième art. Des films nous ont marqués par leurs magnificences. Des instants de spec-tacles inoubliables avec des films cultes qui

ont meublés notre passé : films d’action, films westerns dits spaghettis, films hindous et films fantastiques restent indélébiles dans nos mé-moires.

Cette rue abrite la poste qui est un endroit incontournable à ce jour pour les usagers. On se rappelle aussi de l’imprimerie Mihoubi. L’excellent collège El-Khawarizmi a disparu du décor de cette rue avec le dernier séisme. A présent, son emplacement a été réaffecté à une autre fonction, on ne sait laquelle. Il n’y reste qu’un mur de clôture disgracieux.

Ce chemin menait aussi au grand garage Sli-mani, ex-Clément, ainsi qu’au vieux hammam à vapeur (dhahbia) et à l’immense bâtiment Benali, deux édifices qui se sont écroulés en 1980, emportant avec eux de nombreuses vic-times et un pan entier de l’histoire de la ville.

Dans le présent, cette rue historique est de-venue un peu triste à cause du sinistre, elle ne dégage plus la joie et le bonheur comme autre-fois, perdant ainsi de son attractivité.

 

Hamid Dahmani



10/01/2016
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