LASNAMIA

Tambouriner pour le sourd et danser pour l'aveugle ( Quotidien d'Oran du 20/11/2014)

 

 
Tambouriner pour le sourd et danser pour l'aveugle

 

par Hamid Dahmani

 
 
Témoigner sa reconnaissance et sa sympathie envers une personne qui a le mérite et le talent dans le savoir faire est une action obligée de gratitude à saluer pour entretenir l'excellence de la passion. Le reconnaître et le déclarer publiquement, c'est apprécie a sa juste valeur son œuvre, sa créativité et le travail accompli et consacrer pour la cause de l'art. 

Croire à la compétence, et au respect de l'échelle des valeurs, et au rejet de toutes formes d'exclusions et d'oubli c'est adhérera la légitimité et donner une caution à la droiture. 

Le distinguer, est une obligation morale. Logiquement toute personne disposant de ces nobles qualités, qui le font émerger au sein d'une société pour son travail artistique ou culturelle doit être cité et applaudi pour son talent exemplaire. 

Mais hélas, l'attendu n'est pas toujours au rendez-vous, quand les choses ne fonctionnent pas comme il se doit et que les fonctionnaires des institutions font dans le déni et s'érigent en décideurs pour suppléer le conseil collégial légal de la culture pour évaluer, distinguer, primer ou éliminer des artistes et favoriser des proches liés par des sentiments de copinages, d'amitiés,...et ignorer les véritables artistes qui ont le mérite d'être cités. 

Des noms inoubliables qui ont brillés dans le passé de l'art et de qui ont fait les beaux jours de la culture artistique toute confondue autrefois dans la ville de l'ex- Al-Asnam tels que; cheikh Bouras, cheikh Omar El-Mokrane, cheikh Kouider, Abbas Lasnami, Djelloul Moulfi, M. Aichouba et tous les autres anonymes de la région ne font plus l'événement dans de telles circonstances comme il se doit. 

Qu'en est-il de cette tradition artistique annuelle aujourd'hui chez nous? On assiste a du n'importe quoi et on tape à coté de la plaque. Les cérémonies expéditive se suivent et se répètent à l'allure de la grande corvée déguisée en distraction ou le refroidi sera réchauffé comme d'habitude à l'occasion de la fête et boudé comme du travail enquiquinant et itératif à chaque événement. Les gardiens de la culture jouent avec des fausses notes et n'ont pas le choix devant le répertoire des artistes d'occasions rouillés par la précarité de leur savoir faire « guelek itabelou letrache ou yergoussou laama » (ils tambourinent pour le sourd et dansent pour l'aveugle). 

Occulter l'excellence est une grande fatalité pour les belles lettres. Oublier la carrière des pionniers du théâtre est une aberration. Feindre et passer à l'inaperçu devant la doyenne des associations musicales de la ville est injuste. Devant tout ce beau palmarès inscrit au cahier de l'histoire artistique de la ville qui mérite d'être cité et raconté, l'ignoré c'est être aveugle, sourd, ingrat, mauvais et médiocre. 

L'indifférence tue, resté de marbre devant une telle injustice gratuite équivaut a être complice de l'ingratitude des hommes, accepté de tels faits et ce taire, c'est militer dans le camp négatif de l'insuffisance. 

En parlant de reconnaissance, il ne sera pas permis et admis aujourd'hui, de continuer à cultiver l'oubli et de passer à coté de la mémoire et d'ignorer le devoir de l'hommage. 

Combien sont ils ces oubliés et ces anonymes victimes du bilan artistique lamentable ? Le nombre n'est pas tellement important, le plus important est qu'est ce qu'on a fait pour eux ? Que ce soit de leurs vivants ou a titre posthume pour les remercies. 

Des gens de la culture, des artistes, des sportifs, des écrivains, et des poètes et tous les autres, sont les principales victimes de cette frénésie aveugle de l'oubli. 

Pour cela il n'est jamais trop tard pour bien faire et les bonnes consciences doivent se réveiller pour réhabiliter à juste titre, ces oubliés en évoquant simplement leurs noms dans un moment de recueillement pour la mémoire, en face d'une stèle ou devant le fronton d'un lieu de culture qui leurs sera dédiés pour la postérité et la reconnaissance éternelle. 

Aussi à l'occasion de la célébration de ce soixantième anniversaire du déclenchement de la révolution nous nous inclinons devant la mémoire de ces artistes Asnamis oubliés qui ont honorés et représenter dignement la culture il était une fois, avec toute sa grande richesse artistique dans le passé heureux animée par le chant, la poésie, la musique, le théâtre avec tout l'amour de l'art qui leur était connu.
 
http://www.lequotidien-oran.com/index.php?news=5206268
 
 


20/11/2014
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