LASNAMIA

Une drôle d'histoire ( Le Quotidien d'Oran du 19/02/2015)

 

 
 
 
 
 
 
Une drôle d'histoire

 

 

 

par Hamid Dahmani

 

Généralement, partout dans le monde, un musée est un lieu destiné à conserver des vestiges d'arts et des objets précieux de l'histoire et a les mêmes desseins et les mêmes destinées universelles tracées avec tous les autres musées des antiquités implantés dans le monde . 

Un musée fonctionne principalement avec les accessoires et les témoignages de l'histoire de l'humanité. Le musée devrait se limiter à sa vocation première comme son nom l'indique de lieu du savoir au service de la collecte et de l'animation des conférences d'études pour nourrir la recherche intellectuelle et scientifique. Promouvoir les arts, les sciences naturelles, les activités artistiques…On étudie et on conserve dans ce lieu le patrimoine avec tous ses merveilleux héritages pour les besoins de notre histoire. 

Toutes les conquêtes et leurs histoires ne sont pas zieutées de la même façon et il y a deux poids deux mesures dans le traitement pour chaque histoire particulière. 

Même l'histoire des conquêtes est sélective ici chez nous et on préfère consacrer des musées, des conférences et narrer des histoires de « Aam dakious » et philosopher librement sans contrainte sur le passé lointain et les témoignages antiques romains, débiter avec une précision de carbone sans peur et sans reproche de la part des gardiens du temple. On sait que l'histoire est une date et un événement du calendrier qu'il faut entretenir pour pérenniser l'histoire des peuples à travers les âges. Mais comme on dit il y a toujours une ligne rouge qui sert de repère aux égarés dans les pays dits autocrates. Il ne faut pas se leurrer, l'histoire n'appartient pas à la société mais aux gouvernants qui réfléchissent pour notre bonheur. Les orateurs ont peur de l'histoire qui peut leur apporter beaucoup d'histoires et préfèrent donc papoter dans les cafés littéraires, les musées, les bibliothèques sur l'histoire antique de Darius dit « Dakious » sur le deuxième patrimoine matériel et immatériel romain après l'Italie hérité de cette époque sans aucune appréhension de la part des protectionnistes de notre « Tarikh ». 

La prédilection pour cette époque de l'histoire très lointaine dans la période demeure plus aisée pour tous les intervenants pour bavarder et fouiller dans le contenant de la vieille histoire des centurions et de César à travers le riche trésor de vestiges et ses accessoires bien défendu par la loi et sans risque de se voir rappeler à l'ordre pour avoir « chicané » sur une date ou une personne. 

Quelle différence y'a-t-il entre les conquérants qui sont passés ici en Algérie il y a plus de mille ans et ceux de la dernière pluie ? Aucune, tous sont venus ici sur cette terre avec un esprit prédateur dans le temps pour s'approprier et sacquer ce grand territoire et profiter de ses richesses, quitte à tuer et à marcher sur des cadavres en commettant les pires atrocités sur les populations pour arriver à leurs fins durant les différentes périodes du passé des conquêtes phéniciennes, romaines, vandales, byzantines, ottomanes et françaises, elles figurent kif-kif avec un même ordre d'idée des différentes conquêtes . 

D'après les historiens, les romains et le tout-venant qui a suivi étaient aussi des envahisseurs féroces et sans pitié. La question qui se pose dans le présent reste très pertinente et s'interroge sur le pourquoi pas un seul et même traitement de l'histoire pour toutes les civilisations : romaine, ottomane et française. L'époque antique est auréolée aujourd'hui avec tous les soins qui lui sont observés dans le présent au détriment de l'époque coloniale contemporaine. Il n'y a pas un même pied d'égalité dans le « racontage » et l'entretien pour tous les faits historiques des conquêtes admises. 

Nos musées de l'histoire consacrent à cette archéologie une attention particulière dans l'étude et la préservation des vestiges matériels et immatériels de cette époque. Les objets de l'antiquité tels que les outils, ossements, poteries, argents, armes, bijoux…etc. Les monuments et autres vestiges sont classés et protégés et étudiés dans les universités. 

Par contre, le butin de guerre de l'époque coloniale française est boudé et abandonné aux aléas du temps. Leurs statues et symboles jetés dans des parcs sinon démolis. Un mépris total pour cette époque et son histoire qui reste comme un tabou. La crainte, la haine, et les souvenirs douloureux sont peut-être les causes de l'appréhension de cette page d'époque comme sujet digne de figurer au musée aux côtés des autres civilisations. 

Au contraire nous n'avons pas à rougir de notre histoire avec le système colonial français parce que l'Algérie a résisté à cet envahisseur et a été victorieuse après 132 ans de luttes acharnées. Notre histoire, il faut en être fier et la raconter sur tous les toits. Le peuple algérien est un peuple vaillant qui a souffert le martyre devant une grande puissance coloniale et n'a pas plié et a sacrifié un million et demi de martyrs pour arracher son indépendance. Il faut préserver tous les témoignages de cette époque et les conserver pour la mémoire et les générations futures. 

D'histoires en histoires on perd notre histoire. Parler et débattre de l'époque coloniale et protéger ses ouvrages ne veut pas dire glorifier la colonisation. J'ai vu et entendu à ce sujet, dans une exposition culturelle, des visiteurs et des gens de la presse écrite s'indigner de voir des exposants présenter des thématiques en timbres-poste et cartes postales et des vieux papiers sur cette époque de souvenirs, débordant en archives et documents historiques qui témoignent du passé colonial, et faire la fine bouche devant de simple documents comme s'ils étaient gênants... 
 
 
 
http://www.lequotidien-oran.com/index.php?news=5209932


19/02/2015
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