LASNAMIA

Hier, c'était mieux ! 'Le Quotidien d'Oran du 08/02/2017)

 

 
Hier, c'était mieux !
 

par Hamid Dahmani

 

La rue et les espaces communs sont devenus les lieux repoussants des agressivités et des injures. Les morveux ont envahi les lieux publics et redoublent de férocité envers leurs vis-à-vis. Les blancs-becs n'ont pas froid aux yeux et osent se mesurer aux plus âgés sans gêne. Sans peur ni reproches, ils profèrent des insultes et des menaces contre les passants. Ces vulgaires chenapans sont des incorrigibles, ils ne savent que vomir des mots orduriers. De funestes gredins en manque d'éducation, qui méritent d'être entre quatre murs. Ils pourrissent la vie des citoyens dans les marchés, dans la rue et dans les quartiers sans inquiétude. L'heure est à la dégradation des mœurs et à la démission de la société et de l'autorité. Ces comportements s'affichent sous toutes leurs facettes et le mal a remplacé le bien dans le présent. On n'affiche pas une grande rigueur contre le mal qui viole la morale au sein de la cité. Ces diables sont une espèce d'énergumènes barbares qui prolifèrent dans la rue et qui souillent le quotidien des braves gens avec des obscénités dans tous les coins. « Ki ghabou touyour, gâdete el hama dour » (quand les oiseaux se sont envolés, la chouette est restée tournicoter); les gens n'ont que cette citation dans la bouche pour marquer leur désarroi. La société est blessée dans sa chair et le mal est profond. Le langage est grossier. On nargue et on souille l'honneur des respectueux impunément. On abreuve la société avec des insanités dans les lieux publics sans que cela choque l'Etat de droit. Les vauriens ne se gênent pas pour outrager leurs aînés. Ils perturbent la sérénité de la cité sans crainte. Ces irrespectueux peuvent être des fils à papa, de jeunes voyous ou de simples errants. Ils irritent les sages et les agressent quand ils sont interpellés. Ces provocateurs, on peut les croiser sur des motos, dans des autobus, ou dans les marchés en train de semer librement des gros mots. Les gueulards se sont appropriés la rue et les espaces publics pour prendre la population en otage. Le pourrissement a gagné tout le corps. «El kelb ma yakoul khouh » (le chien ne mange pas son frère), dit l'expression pour viser ces malotrus encouragés par le laxisme. Un proverbe populaire qui va si bien avec ces moments lourds de tristesse qui illustrent notre existence. La société algérienne a perdu ses repères, ses traditions et sa sagesse. 

Le système politique a adopté une attitude trop indulgente face à cet état de fait. Hier, cette forme d'espèce ne proliférait pas impunément au sein de la société. Lorsque des cas d'atteinte étaient constatés publiquement, les auteurs étaient corrigés et remis à leurs places brutalement. Les forces de l'ordre ne faisaient pas dans la dentelle avec ces forcenés qui passaient de mauvais quarts d'heure, avant d'être embarqués, lorsqu'ils étaient interpellés. « El hor bel ghamza, we el barhouche be debza » (le raisonnable avec un clin d'œil et le brutal avec un coup de poing), dit la sage expression populaire. On regrette aujourd'hui énormément l'époque de la discipline et de la peur du gendarme. Hier, c'était mieux, il faisait bon vivre ici dans ce pays… 


08/02/2017
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