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Les banques demeurent insuffisamment impliquées

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Les banques demeurent insuffisamment impliquées

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Les banques demeurent insuffisamment impliquées
 
 

Les crises de croissance, d’investissement productif, de création de la richesse et de l’emploi ont rendu assez obscures les stratégies de nos gouvernements et continuent à susciter bien des inquiétudes pour maintenir l’ordre économique avec un climat social et environnemental particulièrement très difficile dont souffre le pays depuis deux décennies,  et devraient attirer notre attention sur l’importance du crédit à l’économie des entreprises.

En effet, le rôle de la banque en tant qu’acteur actif d’intermédiation financière n’est pas fondamentalement d’accumuler les capitaux monétaires aux dépens d’une économie de production, de technologie et d’une gestion active du taux de change et des crédits plus avantageux dans les circuits des marchés, entre autres, faire leur entrée en Bourse ou prendre des participations dans le capital social des IDE (Investissements directs étrangers) pour mieux s’adapter à la nouvelle dynamique d’évolution mondiale, marquée par un mouvement international d’harmonisation et de normalisation dans la globalisation des systèmes et mécanismes de l’économie de marché, sur lesquels la finance internationale repose aujourd’hui en bon pouvoir économique.

Là est toute la question des capacités de management de nos banques et de la nécessaire amélioration de notre législation bancaire et financière qui doit conduire à préparer notre transition à l’économie de marché et l’adhésion de l’Algérie à l’OMC.
Nous ne saurions les condamner, car elles demeurent liées à l’environnement des règlementations bancaires et financières du pays, restant instables et surchargées tantôt de droit public, tantôt de droit privé et que l’acte de gestion est toujours pénal, et le risque-gestion est toujours lié au crédit et aux conditions de marché, que cela soit partiellement ou totalement dans le cadre d’une économie concurrentielle de marché. Ainsi, la question de la politique de l’argent à travers le système bancaire en Algérie est sérieusement posée pour améliorer l’activité économique et les conditions pratiques de l’activité bancaire qui ne sont pas encore en parfaite harmonie avec l’environnement et le contexte international.

Cette question est une nécessité absolue pour construire une relation économique et financière fondée sur un nouveau mécanisme économique, celui de la financiarisation de l’économie permettant d’accéder à d’autres marchés et d’agir efficacement sur le marché, en réponse à des besoins économiques réalisés par l’entreprise. Il reste que le secteur bancaire algérien est pour l’heure absent à ce niveau-là et peu efficace dans l’accompagnement des entreprises en matière d’incitation à investir et à augmenter la croissance, qui est un acte de développement économique en réponse à des besoins de crédits, malgré les résultats encourageants, notamment une hausse de 30% en 2013 par rapport à 2012, grâce aux orientations du Premier ministre.

Pour rappel, la structure actuelle de ce secteur se caractérise par la prédominance  de six banques publiques, dont l’actionnaire unique est l’Etat, et 90% environ des crédits relèvent aujourd’hui d’un simple acte de finance publique et sans promotion de produits bancaires sur le marché financier ou boursier. De l’autre, nos banques commerciales sont plus dépendantes d’un système financier étatique plutôt que de celui du marché, notamment sans vision économique qui prône un modèle de gestion du capital bancaire ou du business comme étant un facteur dynamique et structurant du développement de l’économie des entreprises, dont l’entreprise industrielle est l’accélérateur et l’effet multiplicateur d’actifs générateur de richesses et de valeur ajoutée.

A ce sujet, nos banques, il faut le rappeler, sont désormais régies par la commercialité selon le droit privé  pour s’ouvrir à l’économie de marché qui se fonde sur la négociation et le contrat ayant pour assise juridique le droit commercial. On espère à cet effet que nos banques deviennent actionnaires dans les entreprises, en investissant dans les actifs financiers, en finançant des projets de recherche et des plans de restructuration…

En effet, les entreprises de production fonctionnent au ralenti en raison justement d’une série de contraintes qui empêchent la bonne utilisation des capacités installées en termes de production, dont l’allongement des délais dans l’octroi des crédits ou dans l’exécution des opérations bancaires, la faible qualité du service, le credoc comme seul et unique mode de paiement sur le commerce extérieur, les lourdeurs des procédures qui détournent les clients particuliers des banques, découragent les investisseurs et pénalisent les entreprises en manque à gagner en matière de capacités installées, de croissance, d’emplois supplémentaires, de pouvoir d’achat et de développement.
Parfois, plusieurs d’entre elles se trouvent bloquées à cause de besoins en matières premières et fournitures, le taux de capacités installé en production tourne entre 45% et 55% et une production de 5% du PIB.

Tout cela a fait qu’aujourd’hui 70% environ de nos entreprises ne sollicitent plus de crédits bancaires et, par conséquent, se financent sur fonds propres avec, comme mode de paiement, le cash (chkara) dont 45% environ de la masse monétaire circulent dans les circuits de l’informel, et nous constatons enfin une faible bancarisation, notamment l’utilisation du chèque qui est très faiblement répandue, une monnaie fortement dévaluée, une Bourse des valeurs qui est à l’état statique et squelettique.

Professionnellement parlant, la banque fait le commerce de l’argent, mais en l’adaptant aux progrès de l’économie orientée vers l’entreprise. A titre de comparaison, la distribution des crédits au sein des pays du Maghreb est évaluée entre 15 et 20% du PIB, alors que pour le Maroc ce taux représente 70% et pour la Tunisie 80%. C’est qu’effectivement les crédits bancaires n’ont pas connu une accélération particulière avec l’évolution de l’économie, à savoir l’objectif de création de 100 000 entreprises/an qui n’a pu être réalisé qu’à moitié devant la gravité de l’expansion du commerce de l’importation, lorsque l’on sait que près de 70% de nos revenus provenant de la rente pétrolière en devises fortes financent les importations via les banques, aux dépens de l’encouragement de l’exportation et de l’investissement dans l’économie productive pour la substitution aux importations.

Plus généralement, le crédit bancaire n’a pas évolué en puissance pour développer une économie privée qui est considérée comme un agent économique incontournable, qui intéresse directement l’activité économique et commerciale.
Dans ce contexte, nos banques demeurent insuffisamment implantées, impliquées dans le marché financier, efficaces et modernes avec un réseau de bureaucratie pesante dans l’exercice des règles stratégiques du marché, cause de déséquilibres et de contraintes entre la banque et l’entreprise, dans la mesure où actuellement 45% environ de la masse monétaire circule dans l’informel, l’épargne privée, qui s’évalue à moins de 30%, restant insuffisante, les modes de relation de nos banques avec la clientèle sont administratifs et la capacité d’initiative est insuffisante beaucoup plus au niveau local, alors que nous sommes dans une économie de marché.

Sur cette question, il paraît à notre sens plus judicieux d’accroître leur contribution à travers une politique de crédit industriel qui permettrait une croissance harmonieuse de l’économie algérienne et qui aura pour ambition de mettre en œuvre une révolution industrielle, sachant que nos banques disposent de surliquidités accumulées suite à leur recapitalisation par l’Etat,  qui s’évaluent à près de 40 milliards de dollars, qui s’avèrent abondants, ce qui peut affaiblir la rentabilité et augmenter les coûts des ressources et, par conséquent, l’inflation monétaire.

Ceci dit, nos banques ne présentent pas de risques financiers a priori pour investir dans des opérations telles que prendre des participations financières dans les entreprises possédant un bon potentiel industriel, voire la fondation d’une banque d’affaires mixte banques publiques/banques privées dédiées au développement industriel. Un enjeu stratégique pour la crédibilité et l’ouverture internationale pour la mise en place du marché financier en Algérie en conformité avec les pratiques internationales mixées aux normes européennes/anglo-saxonnes qui consacrent un vrai statut d’autonomie de gestion universelle de nos banques.

Mais il faudra clarifier la responsabilité des organes sociaux (conseil d’administration, assemblée générale des actionnaires) en matière civile et pénale, dont sa source, le droit commercial pour plus d’efficience, d’efficacité et de concurrence entre les banques devient un enjeu majeur dans la réhabilitation et l’évolution du management de nos banques dans leur vrai rôle d’acteurs actifs d’intermédiation financière, dans la perspective d’aboutir à une saine concurrence inter-banques.

Il y a bien l’urgence d’une grande et meilleure mobilisation des crédits dans le cadre de la lutte contre la récession, voire pour servir une politique anti-inflationniste et sociale en matière de pouvoir d’achat qui est sérieusement posée aujourd’hui, voire de garantir les entreprises des crédits par signature auprès de leurs relations commerciales avec leurs fournisseurs ou contractants, selon une approche managériale, prêter plus et mieux afin que nos banques deviennent compétitives et par conséquent se rapprocher du monde économique d’aujourd’hui, car l’évolution vers une économie d’endettement interne n’est point une fatalité, n’a rien de contraire à la logique de l’économie pour le développement des entreprises.

Puisque, d’une part, le crédit est considéré comme l’âme de l’économie et joue un rôle stratégique en tant que puissant levier pour le développement économique et social et, d’autre part, le crédit constitue principalement la contrepartie de la masse monétaire. D’autant que la banque crée la monnaie par le biais du crédit, et l’entreprise est la structure de base de la vie socio-économique qui crée en contrepartie la richesse, l’emploi et le progrès qui sont dans l’économie liés étroitement par le profit, le risque de gestion et de responsabilité juridique qui fait que le processus d’action du gouvernement doit se poursuivre en mettant  en œuvre une nouvelle révolution économique et financière.

En effet, après cinquante ans d’indépendance, la structure de l’économie algérienne reste fortement dominée par les personnes physiques qui représentent 90% (commerce et services). Ce qui peut inquiéter l’équilibre de l’économie algérienne entre l’offre et la demande (consommation) présent et futur du pays. C’est ainsi que l’apport du crédit s’avère crucial eu égard aux surliquidités accumulées au niveau de nos banques, qui prendra une position prioritaire pour l’économie d’entreprise, voire pour les ménages. Car le crédit bancaire à la consommation n’a rien de contraire au concept de l’économie, mais néanmoins il doit tirer l’offre vers le haut pour une vie économique dynamique et compétitive au niveau local.

L’octroi d’un crédit ne doit pas se faire à n’importe quelles conditions, mais à sa juste valeur économique, notamment sur un business-plan  fondé sur des hypothèses de marché et dans la limite de 70% du total des investissements à réaliser et par lequel une banque commerciale  met, pour une durée déterminée, des fonds rémunérés au moyen de taux d’intérêt et de commissions à la disposition d’une entreprise morale ou d’une personne physique pour son développement économique futur, c’est-à-dire qu’il faudra faire que le crédit se transforme nécessairement dans l’acte d’investir, l’acte de produire, l’acte d’innover, l’acte  de financer des programmes de recherches scientifiques, des plans de restructuration…

En règle générale, un crédit à l’économie peut prendre deux formes selon le cas : crédit exploitation (court terme) ou crédit d’investissement (moyen et long termes) et doit reposer sur des bases bancables dont la solvabilité, actif net positif et, enfin le niveau du cash-flow en rapport avec le crédit, à savoir justifier d’une structure financière bilancielle équilibrée, un stock de créances confirmé, disposer de garanties physiques, et enfin d’un business-plan et des capacités managériales et de la crédibilité des dirigeants surtout.Il apparaît ici à faire tout un travail professionnel pour prêter mieux.

Cela concerne, entre autres, la capacité d’étude technico-économique, l’analyse et l’appréciation des crédits à l’économie en fonction de business-plans et plans d’activité, sachant que les banques sont astreintes à respecter les ratios d’encadrement de gestion interne. Ce travail est lié à la vision stratégique que l’on aurait sur l’entreprise en matière d’intelligence économique, d’ingénierie financière, de négociation et de contrat de financement.

En somme, il devenait plus impérieux que jamais d’adapter les banques et les entreprises au droit des sociétés (codes du commerce et civil) au progrès de l’économie et les réalités d’aujourd’hui, afin de sortir du schéma classique actuel pour passer aux rouages nouveaux fondés sur la spécialisation, selon la forme juridique de groupe ou de holding financier (société-mère et ses filiales). En vue de développer et de professionnaliser les activités bancaires pour une meilleure diversification des instruments du marché financier et aller vers plus de transparence dans la gestion pour passer dans les meilleures conditions aux mécanismes de la financiarisation de l’économie face aux nouvelles évolutions mondiales.

Enfin, il nous semble que là aussi il faut que nos banques sachent d’abord ce qu’est une entreprise avec laquelle elles auront des relations et que les entreprises sachent de leur côté ce qu’est une banque.      



19/05/2014
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