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LES GRIFFES DE LA VILLE,DE MAÂMAR LARIANE

                                                                     

                                                              

 

Culture : En librairie
LES GRIFFES DE LA VILLE,DE MAÂMAR LARIANE
Dans la jungle urbaine


L’œuvre présentée ces derniers jours au café littéraire de la bibliothèque de wilaya de Chlef aborde les fléaux sociaux qui gangrènent les grandes villes de notre pays. 
L'auteur commence par citer les ingrédients qui ont contribué à la déliquescence du milieu social qui caractérise ces grandes concentrations humaines. Il prend comme prototype Oran, qu'il a l'air de mieux connaître, mais le phénomène est national. Il est lié à une mauvaise approche d'une gestion rigoureuse et rationnelle du milieu urbain. En parcourant Les griffes de la ville, on découvre une allusion à la mauvaise exploitation du foncier avec comme corollaire une crise aiguë du logement. Des familles entières s'entassent dans des caves. Elles payent le prix fort et s'en accommodent. L’exode rural a participé à ce surpeuplement des villes, surtout coloniales, conçues pour un nombre d'habitants moins bien important. L’absence de décentralisation a accentué cet état de fait. Des villes de taille moyenne qui auraient pu être un remède font défaut. Ce problème majeur va donner naissance à d'autres fléaux. L'auteur parle d'enfants en très bas âge livrés à la mendicité. Il pose dès lors le problème de la prise en charge de cette frange juvénile. Il interpelle les pouvoirs publics et la société civile. Dans une ambiance délétère, facilitée par le cosmopolitisme et l'étendue de cette grande capitale de l'Ouest, rien d'étonnant à voir se développer une grande délinquance. Au-delà de l'éclair d'une balle d'une arme à feu ou la lumière du reflet d'un couteau dans une ruelle sombre, la nuit, l'auteur nous emmène dans l'intimité de ses personnages et les drames de destins brisés. Il y a par exemple Houari, un habile mécanicien qui a décroché son diplôme avec «mention ». Il commence une carrière professionnelle prometteuse, mais est contaminé par le «milieu» caractérisé par le gain facile et rapide. Il s'adonne alors à un commerce juteux de contrebande, drogue, chantage. Arrive le jour d'une altercation avec sa sœur cadette pendant laquelle il bouscule mortellement un voisin venu s'interposer. Il finit derrière les barreaux d'une prison. Il y a aussi Driss, ce policier venu à Oran avec une vague de sinistrés après le séisme de Chlef de 1980, qui s'occupe de la brigade des mœurs et qui tue un homme lors d'une altercation. Ilham, venue à la ville pour évoluer, est prise au piège de l'argent prêté et ne peut sortir de l'engrenage. Elle se retrouve dans le milieu des mauvaises mœurs. Elle a failli même être envoyée au Sud, regrettant d'être sortie de chez elle. Ce roman est venu à point nommé, à un moment où nos grandes villes connaissent des actes d'incivisme très graves et inacceptables. L’œuvre de Maâmar Lariane tire la sonnette d'alarme et interpelle nos décideurs pour repenser la ville d'une manière rationnelle, compatible avec nos valeurs et nos traditions, sans occulter l'aspiration de notre jeunesse à la modernité. Le livre paru à Dar El-Gharb est rédigé dans un style simple. Le talent de narrateur de l'auteur et sa connaissance parfaite des subtilités de la langue française font que cet ouvrage peut être lu d'un trait. 
Medjdoub Ali



02/09/2012
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