LASNAMIA

Nouvelle enrichissante.( Le Quotidien d'Oran du 17/01/2018)

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Nouvelle enrichissante
 

par Hamid Dahmani

 

Un beau cadeau de fin d'année aux plus fortunés du pays offert par les parlementaires qui ont rejeté un projet de loi qui devait conduire à instaurer une contribution sous forme d'impôt indirect appliqué sur le patrimoine des plus riches pour alimenter le budget de l'Etat. Il y a de quoi être heureux, et de jubiler pour les sacrés oligarques, comblés par cette nouvelle enrichissante. 

Donc dans l'immédiat on zappe le projet de loi, et Il n'y aura pas d'impôt de sitôt sur la fortune au nez et à la barbe du gouvernement, parce que les députés en ont décidé autrement. La raison de ce niet cinglant est technique selon les génies qui se sont penchés sérieusement sur le projet. 

Il paraît que l'Etat n'a pas encore de mécanismes modernes pour évaluer la fortune des gens. Pourtant tout est visible à l'œil nu, comme on dit ; «Ainek hiya mizanek !» Aujourd'hui, les plus aisés des Algériens, qui hier profitaient de l'exonération d'impôts, et qui étaient soutenus dans leurs activités par des privilèges accordés par l'Etat pendant des décennies et c'est ce qui leur a permis de constituer leurs immenses richesses, ne veulent pas lui renvoyer l'ascenseur. Dans ce pays ou la loi est injuste, l'impôt n'est pas obligatoire pour les super riches, mais pour les plus faibles, comme au moyen âge. Ce sont toujours les fonctionnaires et autres travailleurs salariés et pensionnés de la caisse de retraite qui payent leurs impôts par un prélèvement direct sur leurs maigres revenus. Chez nous, l'expression qui dit que trop d'impôt tue l'impôt, est respectée à la lettre pour faire plaisir aux nababs du clan. Ces gens qui font la pluie et le beau temps ne sont pas très galants ni solidaires avec l'Etat providence et ils sont bien à couvert dans les deux chambres. Ils ne souhaitent pas se plier ni a la loi humaine ni à la loi divine qui pourtant impose à tout fortuné de contribuer au budget de l'Etat par le «â'chour» (le dixième). Les fortunés n'aiment pas partager ni contribuer avec l'Etat qui les a aidés à devenir riches. «El batita» est une créance relative à la taxe foncière qui nous fait rager et grincer des dents chaque année lorsque le facteur la glisse sous la porte. Payer ses impôts est un acte citoyen, dit-on. «Dar r'rama» il faut l'avouer n'est pas un lieu de détente mais un lieu ou on débite le compte. «Dar dhariba» (impôt) est une institution qui reste méconnue chez les profanes et les mauvaises langues qui n'ont aucune connaissance du rôle et le fond de ces recouvrements qui sont destinés à l'intérêt général. Que Dieu nous préserve du fisc et de ses mises en demeure, pensent tous les mauvais payeurs de ce pays. Tous les fortunés et les infortunés sont unanimes et sont sur la même longueur d'onde quand il s'agit de dénigrer cette institution qui agit par la contrainte et qui fait peur, même aux plus puissants, et qui est chargée de récolter de l'argent auprès des assujettis, et là où il se trouve afin de financer les dépenses publiques. Les commerçants aguerris qui sont redevables envers le fisc ont une peur bleue des agents de recouvrement, et à la moindre alerte donnée, on baisse le rideau et on se tire jusqu'au passage de l'orage. Même sous d'autres cieux, l'impôt sur la fortune fait réagir et fait fuir des personnalités du show-biz et de richissimes notables vers d'autres horizons plus convenables en matière de fiscalité, et là où l'impôt sur la fortune n'est pas obligatoire. 


17/01/2018
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