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Rendre la monnaie (Le Quotidien d'Oran du 11/04/2018)

  
Rendre la monnaie
 

par Hamid Dahmani

 

Les Algériens ont une grande horreur des pièces de monnaie encombrantes stockées dans les poches de leurs vêtements, parce que ce résidu de monnaie ne paie pas par les temps qui courent. Les petits sous sont insupportables, ils gonflent et trouent les poches, et en plus cette ferraille est boudée et rejetée par la plupart des commerces comme monnaie de paiement. On se souvient, il était une fois que cette menue monnaie s'écoulait normalement auprès des commerçants pour payer les achats, et l'usage du porte-monnaie était nécessaire pour glisser son argent et éviter les inconvénients provoqués par cette pesante ferraille qui abimait les poches de son propriétaire. Dans le présent, les ronds métalliques injectés par la banque dans le circuit commercial et qui font figure de monnaie nationale circulent officiellement dans le pays uniquement pour faire le décor de la monnaie. Tout le monde sait que lorsqu'on se rend chez le pharmacien, la plupart des prix des produits pharmaceutiques se terminent généralement par des centimes, mais ce dernier s'arrangent pour arrondir les chiffres. Avec l'inflation, le dinar a baissé et les centimes de dinars sont boudés et inutilisés dans les transactions commerciales parce qu'ils n'ont aucune valeur marchande comme si c'était de la monnaie de singe. En théorie c'est de la monnaie officielle, mais sans aucune valeur de paiement sur le terrain. La valeur du dinar a pris un coup sérieux et une forte dévaluation ces dernières décennies. Le dinar est tombé si bas qu'il n'arrive pas à se remettre debout à cause de l'inflation. Aujourd'hui, les petits enfants réclament à leurs parents « miya douros, elf frank, ou khamsa elef » (5 dinars, 10 dinars sinon 50 dinars)pour acheter des friandises. Le douro ou le frank c'était hier et les bambins pouvaient se payer quelque chose de conséquent pour apaiser leur gourmandise chez l'épicier du coin. La banque d'Algérie voit grand, dans le présent elle adore les billets en couleurs avec chiffres ronds tirés par planches jusqu'à l'infini. La piécette ne fait plus la monnaie courante dans les transactions commerciales. Selon les médias, la banque d'Algérie s'apprête à mettre en circulation des billets neufs peut-être pour faire oublier les anciens billets crasseux et en lambeaux, pouah, ces semblants de billets qui ont laissé un très mauvais souvenir dans l'esprit du citoyen. Avec le temps et son progrès, faire ou rendre de la monnaie à quelqu'un disparaîtra bientôt de notre langage populaire et le mot « kech sarf ?» ne sera qu'un vague souvenir du passé avec les changements bouleversants que connaît la planète. En effet, grâce à internet aujourd'hui, il y a le porte-monnaie électronique pour payer ses factures et faire du shopping sur les sites de ventes en ligne sans bouger de son petit chez-soi. La petite monnaie se fait déjà rare chez nous. 

 Les pièces de monnaie ont disparu de la circulation avec la dépréciation de la monnaie locale. Aujourd'hui, les épiciers rendent la monnaie en bonbons comme les commerçants italiens. Les pièces sont toujours frappées par la banque nationale, mais en vérité elles n'ont aucune utilité dans les transactions commerciales. La menue monnaie est boudée, elle fait uniquement le décor monétaire local. 


11/04/2018
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