LASNAMIA

Souvenirs...

 

 

Souvenirs...

 

Par Youcef L'Asnami

 

Nous mourons, nous mourons riches de nos familles, de nos amis, de notre foi, de nos convictions, de ce qu’on nous a appris, des corps que nous avons étreints et explorés comme des rivières, des voyages qui nous ont fait découvrir l’extraordinaire beauté du monde et bien d’autres plaisirs simples de la vie. Ceux qui ont soif de rencontres, de voyages, de débats, d'éclats de rire ont aperçu quelque fois leur bonheur au coin d'une rue, autour d'une tasse de café, à la fin d'un livre, au fond d'un lit mais aussi face à un écran où défilent des pixels ... Mais peuvent ils apprivoiser l'éphémère?  Restent les souvenirs ....

 

Tout le monde garde au fond de lui des souvenirs. Certains sont bien visibles et restent à la surface. D’autres sont enfouis au fond de nous et resurgissent spontanément à chaque fois que l’occasion leur est donnée.

«  Les souvenirs d’un homme constituent sa propre bibliothèque. » disait Huxley. Une bibliothèque jalousement gardée, sans mot de passe.

Des souvenirs douloureux. De notre enfance ou adolescence difficiles, de notre pauvreté, de nos difficultés sociales, de nos échecs personnels ou professionnels, d’une période douloureuse qu’a traversé notre pays.

Mais aussi de beaux souvenirs des victoires contre nous même, contre nos agresseurs, de ce que l’on a vécu comme belles histoires qu’elles soient liées à notre scolarité, notre vie professionnelle, familiale, amicale ou amoureuse. 

Souvenirs réveillés par une recette de plat de courgette, une chanson, un poème, un article, des photos, un objet, une montre, un parfum, un vêtement, un livre, un téléphone, un bijou, un taxi hélé pour accompagner un(e) ami(e), un courrier, un bouquet de fleurs... Tout peut réveiller en nous ces souvenirs enfouis. On a beau effacer toute trace de ces souvenirs, en les archivant dans nos têtes, ou sur nos disques durs quand cela est possible, ils finiront toujours par remonter à la surface d’une façon ou d’une autre. Il suffit d’être prêt !

 

Et quand ils ressurgissent, il faut essayer de les comprendre et les interpréter autant que les rêves. Tâche difficile !

Et puis ces mails. Cet  amoncellement de pixels qui retracent notre vécu et notre relation avec les autres. Des centaines de mails datés, archivés, classés. De longs mails qui racontent le quotidien, qui partagent les émotions du moment, qui expriment l’état d’esprit. Et des courts qui interrogent l’autre sur ce qu’il fait, qui s’enquièrent de son état et qui, parfois, sont vides. Juste un acte de présence.

Puis passent les jours, les semaines et les mois. Nos trajectoires de vie prennent des virages différents. Certaines étaient prévisibles. D’autres non. Les relations personnelles évoluent. Il faut s’adapter à la nouvelle vie ! S’accrocher aux souvenirs et continuer à vivre quelquefois presque par défaut. Ou essayer de reconstruire ses rêves.

Mais.... mais.... Quand sa vie est cadencée par le rythme de l’autre. Quand la pensée est confisquée par l’autre. Quand le sens de son existence est déterminé par l’autre. Quand on se disperse dans l’espoir de s’affranchir de son être qui vous habite. Quand on essaye d’être autonome dans sa pensée. Quand on lit pour s’évader. Quand on écoute de la musique pour oublier. Quand on lit des poèmes qui expriment ce qu’on ne peut exprimer. Quand on voyage pour s’aérer l’esprit. Quand on se donne pour les autres.  Quand on se remet à Dieu pour l’implorer. Quand on s’investit dans son travail pour être performant. Alors on est épuisé. Epuisé de vivre ! Et ne plus se demander si on vit pour exister ou si on existe pour vivre !

 

Malgré tous nos serments d'amour

Tous nos mensonges jour après jour

Et bien que l'on ait qu'une vie

Une seule pour l'éternité

Malgré qu'on la sache ratée....

Faut vivre...

 

Mouloudji

 

Youcef  L’Asnami



01/12/2015
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