LASNAMIA

un vieux souvenir ( Mme Ziouche née Bedj)

Histoire vécue. Âmes sensible s'abstenir.

C'est un triste passage de ma vie. J'ai retrouvé cet écrit dans un ancien cahier.

Toi ma codétenue que je ne nommerai pas.
Lorsque tu m’es apparue pour la première fois,
Tu ne m’inspirais pas confiance
Ton air et ton regard me donnait des frissons.
Je n’aurais jamais pensé
Qu’il y avait en toi, tant de regrets et de souffrance
Jusqu’au jour où tu me l’as demandé
Et que j’ai eu lecture de ton dossier.
Plus je le parcourais et plus je frissonnais
Je n’osais pas porter les yeux sur toi
Non plus par crainte, mais par pitié.
Pourquoi as-tu agi ainsi ?
Sans conscience ni humanité.
Pourquoi avoir tué cette pauvre femme 
Avec tant de haine et de férocité ?
Qu’a-t-elle fait de si odieux
Pour mériter cette fin horrible
Est ce par haine ou par jalousie?
Est ce Satan qui t’a guidée
Et mis dans ta main ce couteau aiguisé ?
Tu ne voyais que du noir as-tu dis
Et tu as plongé ton arme profondément
Dans son corps pantelant.
Tu l’as lardée de la tête aux pieds
Comme une aveugle forcenée.
Tu l’as laissée baignant dans son sang
Et sans aucun chagrin
Tu as eu la cannibale inspiration
De l’étaler sur un morceau de pain
Que tu as avalé avec délectation
Tu es partie ensuite, 
L’abandonnant sans vie.
Sans respect ni remord
Dans une sournoise fuite 
Telle la proie d’une hyène qui dévore
Toi qui vas purger une longue peine
Et qui a agi comme une démente,
Lorsqu’un jour tu sortiras, blessée,
Comme une âme errante
Ton calvaire n’aura pas cessé
Ton crime a-t-il des circonstances atténuantes ?
La nuit, tu fais des cauchemars, je t’entends hurler :
-« Oh toi qui as tué une âme, où iras-tu ?
Au paradis tu n’auras pas ta place
En enfer, oui hélas ».
Je n’ai pas le droit de te juger.
C’est Dieu seul qui le pourra.
Prie le pour le repos de l’âme de ta victime
Et pour celui de ta conscience
Lui seul sait ce que tu lui devras
T’accordera t-il sa clémence ?
Je le souhaite malgré moi
Il ne me reste que la dernière page
A lire avec un grand émoi
Et refermer ton lourd dossier.
Aux dures et macabres images

Bedj Farida Mai 1958 maison d’arrêt d'Oléansville



26/05/2013
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